Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 25 novembre 2022 – Luc 21, 29-33
Nous vivons dans un monde qui connaît beaucoup d’inquiétudes et de préoccupations : pandémie, guerre en Ukraine, changements climatiques, montée des dépenses à cause de l’inflation, évolution politique, inquiétude ecclésiale.
Nous sommes préoccupés par l’avenir.
On dépense beaucoup d’énergie à prévoir, à planifier pour éviter le plus grand nombre de risques possibles.
En cette fin d’année liturgique, à travers des mots et des images terribles, nous avons entendu des paroles fantastiques.
La liturgie nous présente des textes pleins d’espérance, pleins de lumière.
Par exemple, dans l’acclamation à l’évangile, nous avons dit : « Redressez-vous, relevez la tête, car votre rédemption approche. » C’est rempli d’espérance.
Le dernier couplet du psaume abondait dans le même sens : « Heureux les habitants de ta maison, ils pourront te chanter encore ! Heureux les hommes dont tu es la force : ils vont de hauteur en hauteur. »
Un jour, j’ai reçu la visite de deux hommes qui, après m’avoir lu un verset d’évangile sur la fin du monde, m’ont demandé si j’y croyais et si ça me faisait peur.
J’ai compris que j’avais affaire à des témoins de Jéhovah.
Je leur avais demandé d’ouvrir leur bible, de me trouver le verset qu’ils venaient de me citer et de poursuivre la lecture juste un petit peu plus, jusqu’à l’évangile que nous avons entendu tantôt, jusqu’à ce verset où Jésus nous parle d’un figuier dont les bourgeons annonçaient le printemps.
J’avais conclu en leur disant : « Moi, le printemps ça ne me fait pas peur. J’ai toujours hâte au printemps. Ça me fait vivre ».
Ils ne savaient plus quoi dire.
Jésus nous dit dans l’évangile : « Voyez le figuier et tous les arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. »
C’est une belle image, celle du figuier. On dit qu’il a tellement de mal à sortir de l’hiver qu’on peut le croire mort assez longtemps. On dirait qu’il saute le printemps pour arriver à l’été. Et quand il fleurit, son fruit se mange en entier. Aucun noyau, rien de se perd. Quelle belle image !
Rien ne se perd. Il évoque une marche vers un monde meilleur qui est déjà là.
Jésus nous provoque cherche à renouveler notre regard sur l’histoire.
Saint Jean dans la première lecture nous exhorte à la persévérance au milieu des épreuves quand il nous dit : « Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle… la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. »
Une promesse de bonheur est à nos portes. Nous allons l’entendre souvent pendant le temps de l’Avent.
Il faudrait bien qu’on ait envie de la communiquer aux autres.
