Mgr J-C. Dufour-25 mai 2019-Jean 15,18-21

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 25 Mai 2019

 ( Jean 15, 18-21 )

 

Je ne vous apprendrai rien de neuf en vous disant que la haine habite notre monde.
On se souvient des attentats à Paris, en Irak, de ceux encore tout récents en Nouvelle-Zélande suivis de près par des attentats au Siri Lanka. Il y a deux semaines, six personnes, dont un prêtre, ont été tuées dans une église au Burkina Faso. Jésus avait bien raison de dire que le monde a eu de la haine contre lui et que la même haine se manifesterait contre ses disciples.

 

Et pourtant, à plusieurs reprises, ces attentats ont soulevé les cœurs du monde entier ; la planète entière s’est mobilisée pour dire « non » à la violence.
Le pape François faisait ressortir que la paix demeurait le désir de nombreuses populations dans notre monde.

 

Nous avons à annoncer à notre monde, la même nouvelle que saint Paul annonçait aux Éphésiens, à savoir que le Christ a détruit le mur de la haine :
« C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine. » (Éphésiens 2,14)

 

« Il a détruit le mur de la haine. »
Comment pouvons-nous faire connaître cette nouvelle à notre monde ?
De plusieurs façons.

 

On peut facilement comprendre que, puisque nous sommes les héritiers de celui qui a tué la haine, on ne peut laisser la haine faire ses ravages en nous et dans nos cœurs.

 

Et puis, on ne peut garder le silence devant autant de haine dans notre monde.
Notre silence pourrait bien nous rendre semblables à Caïn qui vient de tuer son frère et qui ose dire au créateur : « suis-je le gardien de mon frère ? »

 

Le pape François, lors du dimanche de la miséricorde, nous invitait à ne pas nous laisser distraire pour toutes les horreurs des attentats en restant vigilants pour réveiller en nous la capacité de garder les yeux sur l’essentiel.
Et l’essentiel, c’est que Dieu n’a pas déposé des germes de violence en nous, mais des germes de sa bonté.

 

Demain, dans l’évangile, Jésus nous dira : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »
Ces paroles nous les avons entendues souvent pendant le temps pascal, ces paroles nous les reprenons à chaque eucharistie après le Notre Père.
Ainsi Jésus nous rappelle qu’il a tué la haine ; en le faisant, il nous appelle à bâtir, à inventer, à créer ensemble un monde respectueux de nos différences.
« Je vous laisse la paix. » La manière de vivre de Jésus au milieu de tous ceux qui lui vouaient de la haine nous le fait bien voir et nous indique le chemin à suivre.

 

On peut comprendre que cette invitation de Jésus nous conduit à un comportement nouveau.
Jésus nous l’a redit hier dans l’évangile : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. »