Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 25 décembre 2024 – Saint Jean 1, 1-18
Hier soir, nous avons entendu le récit de la nativité, avec Marie, Joseph les bergers, les anges dans le ciel.
Aujourd’hui, le mystère de Noël nous est présenté d’une autre manière ; qui est cet enfant qui vient de naître ?
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu. »Jésus, dans sa propre personne, est la plus belle parole du Père. Saint Jean nous dit :
« Le Verbe s’est chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire. »
C’est le mystère de l’incarnation.
Le créateur a choisi de se faire un avec nous, semblable à nous, d’être dépendant des autres, d’avoir besoin de nourriture, de vêtements à porter, d’avoir besoin de repos, d’être fatigué comme nous. Il est un avec nous en toutes choses, par amour pour nous.
Dieu qui est sans limites entre dans les limites humaines pour nous rejoindre, comme pour nous réconcilier avec nos propres limites.
La grandeur de Dieu, c’est de s’être fait petit, d’abord dans la fragilité d’un enfant, puis dans la fragilité d’un condamné sur la croix, et aujourd’hui dans la fragilité de l’eucharistie quand il se livre entre nos mains.
Vraiment, comme nous le dit saint Paul :
« Il s’est fait pauvre de riche qu’il était. » (2 Cor 8,9)
Dans la dernière phrase de l’évangile, saint Jean nous dit :
« Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. »…« C’est lui qui l’a fait connaître. »
Lors du dernier repas, l’apôtre Philippe demande à Jésus :
« Montre-nous le Père et cela nous suffit. »
Et Jésus lui répond :
« Qui m’a vu a vu le Père. » (Jn 14, 8-9)
Dieu qui est invisible s’est rendu visible à nos yeux.
Quand nous voyons Jésus, nous voyons Dieu.
Quand nous voyons Jésus enfant dépendant de Marie et de Joseph, nous voyons Dieu ;
quand nous voyons Jésus prêcher, guérir les malades, nous voyons Dieu.
Quand nous voyons Jésus pleurer, souffrir l’angoisse, agonisant et mourant sur la croix, nous voyons Dieu.
Quand nous voyons Jésus aimer, nous voyons comment Dieu aime.
En ce matin de Noël, je vous invite à écouter Dieu qui parle,
à vous laisser atteindre par Dieu qui s’approche de vous,
à regarder Dieu qui se rend visible à vos yeux.
Et laissons-le nous libérer de nos fausses images de Dieu.
Que la fête de Noël où nous fêtons la naissance de Jésus
né dans une famille modeste, dans des conditions précaires,
où Dieu se révèle dans la fragilité humaine,
soit source d’espérance et une invitation à revenir aux choses essentielles.
Que la lumière de Noël transforme nos cœurs,
qu’elle soit pour nous source de paix.
