Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 25 avril 2020 – Saint Marc – Marc 16,15-20
Saint Marc n’était pas un apôtre, mais il travailla de près avec eux, on le voit qui seconde Paul et Barnabé, mais trop jeune sans doute pour vivre toutes sortes d’épreuves, il retourna à Jérusalem. Cependant, on le retrouve avec Paul. Celui demande à Timothée de lui amener, car, dit-il « il m’est précieux pour le ministère ». Nous savons aussi qu’il collabora avec Pierre qui le nomme dans la première lecture en l’appelant « Marc, mon fils ». Entourés de deux piliers de l’Église, Pierre et Paul, pas étonnant que Marc devienne évangéliste.
Nous lisons aujourd’hui un texte qui est la fin de son évangile, l’avant-dernier verset où Marc nous dit : « Le Seigneur Jésus, après nous avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’est assis à la droite de Dieu ».
Il s’est assis » : je ne sais pas si vous réalisez comment cette image est parlante et riche.
« Il s’est assis », comme celui qui a tous les pouvoirs. Il s’est assis à la droite de Dieu son Père, lui parlant d’égal à égal, intercédant pour nous dans un dialogue d’amour.
« Il s’est assis » dans la paix, il a achevé dans notre monde l’œuvre que son Père lui avait confiée, et savourant déjà, comme Premier-né, le repos de Dieu.
Il me semble que, dans cette toute petite phrase, saint Marc nous décrit un message de sérénité et d’espérance qui ont marqué sa vie ; en même temps ce message de sérénité et d’espérance, il nous le porte à nous aussi.
D’abord un message de sérénité. Nous ne sommes pas seuls à témoigner à l’intérieur de notre monde. Nous ne sommes pas seuls et nous ne serons jamais seuls en ces temps qui ne sont pas faciles tant que notre souci sera de faire l’œuvre du Père. « Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient ».
Et puis, le Christ auprès de Dieu nous parle d’espérance. Il nous promet une victoire aussi complète que la sienne. Le monde du refus aura beau nous bousculer, nous angoisser, nous persécuter, nous raconter que tout est perdu d’avance, saint Paul disait « en tout cela nous n’avons aucune peine à triompher » parce que Celui qui nous a aimés nous aime encore à la droite de Dieu.
L’espérance, promesse du Père, que Dieu suscite en notre cœur ne nous décevra jamais, car l’Esprit vit en nous pour l’entretenir chaque jour.
Puisque « nous sommes revêtus de la force d’en haut », puisque nous tenons, dans l’Esprit, le commencement de la vie éternelle, rien ne pourra nous séparer du Père et du Fils, si paisibles dans leur gloire,
ni les inquiétudes, ni les critiques,
ni les séquelles du passé, personnel, familial ou communautaire,
ni les écroulements du présent, ni les menaces sur l’avenir,
ni les statistiques, ni les sondages d’opinion,
ni les étroitesses des hommes,
ni même nos chutes et nos propres misères ;
rien ne pourra nous séparer de l’amour que Dieu nous a manifesté
en nous donnant le Christ à aimer et à servir.
