Mgr J-C Dufour-24 septembre 2018-Bse Émilie Tavernier-Gamelin–Luc 8,16-18

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 Septembre 2018 – Bse Émilie Tavernier-Gamelin

( Luc 8, 16-18 )

 

La plupart des grandes religions insistent sur l’amour du prochain, la compassion, l’aide aux démunis. Sans doute parce que l’amour du prochain, ça n’arrive pas tout seul, ce n’est pas automatique.
Avant même la venue de Jésus, de vieux sages et des philosophes affirmaient que « L’homme est un loup pour l’homme ». Il ne faut pas regarder notre monde bien longtemps pour nous rendre compte que c’est encore bien vrai. Malgré tout ça on continue de chanter que les hommes « vivront d’amour. »

 

Aujourd’hui, nous fêtons une femme qui a vécu d’amour, Émilie Tavernier-Gamelin, une femme qui a compris le message des deux lectures que nous venons d’entendre qui nous disent, toutes les deux, que la charité est la plus grande des vertus. Dans toutes les étapes de sa vie, elle n’a cessé d’accueillir les maganés de la vie, d’accueillir et de soutenir les personnes dans le besoin qui frappaient à sa porte.
C’est un appel qui nous a été fait hier soir lors de la célébration à l’église St Pierre Chanel pour les victimes de la tornade.

 

La mère d’Émilie l’avait déjà initié à la charité en lui confiant le soin de remettre les aumônes aux pauvres qui venaient frapper à la porte des Taverniers. Et puis, au fil des épreuves que furent la mort de ses parents, de sa sœur, de deux de ses frères, puis celle de ses enfants et de son mari, germe en son cœur une compassion profonde. C’est auprès des maganés de la vie, des sourds-muets, des vieillards et des malades mentaux qu’elle a contemplé le Dieu de sa foi, à la lumière de l’évangile que nous venons d’entendre.

 

Lors de sa béatification, le pape Jean-Paul II disait d’elle : « Son attention aux personnes et aux situations la conduisit à inventer des formes nouvelles de charité. Elle avait un cœur ouvert à toute détresse, servant spécialement les pauvres et les petits, qu’elle désirait traiter comme des rois. Considérant qu’elle avait tout reçu du Seigneur, elle donnait sans compter ».

 

La vie de la bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin a été un miracle de la foi, de la compassion et de l’amour. Ce qui est très beau, c’est que ce miracle de la multiplication de petits gestes se poursuit par d’autres compagnes qui continuent de faire du bien.

 

La grande scène du jugement dernier est dérangeante, mais elle demeure bien pertinente aujourd’hui.
Elle vient nous questionner parce que nous rencontrons toujours des affamés, des étrangers, des malades.
Nous avons le choix entre tendre la main ou détourner la tête.
La semaine dernière, à la télévision, j’ai écouté un monsieur qui se préoccupe des itinérants à Montréal. Il disait que la première chose à faire quand on les rencontre, c’est les regarder, parce que le regard leur fait déjà comprendre qu’ils sont reconnus, qu’ils ne sont pas rien.
L’évangile vient bien de nous dire que c’est le Seigneur qui sollicite notre aide quand un démuni se tient devant nous.

 

Ce matin, laissons-nous étonner par Jésus qui appelle des personnes toutes simples comme Émilie Tavernier-Gamelin à le suivre. Elle a répondu à l’appel de Jésus qui l’a mis en communion avec ses préférés pour qu’elle soit auprès d’eux un instrument de sa miséricorde.

 

Comme le dit la prière après la communion, demandons au Seigneur de nous aider à suivre l’exemple de la bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin dans sa confiance sans borne en la Providence et dans son amour envers les pauvres et les démunis.