Mgr J-C. Dufour- 24 octobre 2020 – St Luc 13,1-9

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 octobre 2020 – St Luc 13,1-9

 

L’évangile nous fait part de deux drames : l’affaire des Galiléens massacrés par Pilate et la chute de la tour de Siloé. Des drames semblables, on en connaît beaucoup dans notre monde et notre vie. Ils nous questionnent. Et puis, Jésus pose deux fois la même question : « pensez-vous qu’ils étaient de plus grands pécheurs que les autres ? » Autrement dit, «  pensez-vous que Dieu les a punis ? » 

« Eh bien, je vous dis pas du tout. »   Il nous rappelle ainsi que Dieu ne provoque jamais le mal. On entend dire parfois : « Je me demande ce que j’ai fait au Bon Dieu pour que ça m’arrive à moi. »  C’est la pire tentation qu’on peut avoir. En effet, quand des événements malheureux nous arrivent, le diable essaie de nous faire accroire que c’est la faute du Bon Dieu. Ce n’est pas pour rien que le Christ lui-même le qualifie de père du mensonge. (Jn 8,44)

Mais, Dieu, c’est Dieu. Dieu est la Vie, l’amour, la Beauté, la Paix. Il est la source de tout ce qu’il y a de beau dans l’univers : le beau, le bon, le vrai, la Vie, la joie.   Tout ce qui est contraire à ça, non seulement ne vient pas de lui. Au contraire, il le refuse.   Le Christ a combattu le mal jusqu’à le prendre sur lui et le clouer avec lui sur la croix.

Dieu lui-même, le premier souffre de ce mal ; il souffre pour ce mal. Il est ce jardinier qui veille sur le figuier qui est stérile depuis trois ans. Il ne veut pas qu’on l’abatte. Il ne veut pas la mort, mais la vie. On comprend que ce jardinier de l’espérance, c’est Jésus lui-même. Il prend les chemins de libération, du salut, de l’amour, de la tendresse et du pardon envers les autres.

Nous fêtons aujourd’hui Sainte Marie, trône de la Sagesse. On lui a donné bien des titres en ce sens : mère de la sagesse, source de la sagesse, demeure de la sagesse.

Pourquoi ? Parce que la Sagesse du Père est dans son sein. Elle est la mère du Roi que viennent chercher de loin les mages. Elle apparaît dans l’évangile comme la vierge sage qui a choisi la meilleure part.  Parce qu’à l’image du jardinier, de son Fils, elle est la toute miséricordieuse. Elle a chanté la miséricorde de Dieu dans le Magnificat. Aussi, dans la préface tantôt, je vais dire : « tu as accompli dans la bienheureuse Vierge Marie le mystère de notre réconciliation ».  

Dieu ne se résigne jamais à la mort. Jésus, le vigneron, s’attelle lui-même au travail de notre conversion : il bêche sa vigne, souvent, et il ajoute à chaque fois quelques poignées d’un engrais dont il a le secret, un engrais spirituel à base d’humilité, de simplicité et de courage, avec une bonne dose de confiance.

Ce matin, demandons à Marie, Trône de la sagesse, l’aide de sa prière. En elle la grâce de Dieu n’a pas été stérile.   Prions cette Vigne fleurie, la Vigne généreuse. Qu’elle nous aide à dire « oui », le « oui » qui rend nos vies porteuses de Dieu, fécondes pour Dieu.