Mgr J-C. Dufour – 24 mars 2024 – Dimanche des Rameaux et de la Passion

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 mars 2024  – Dimanche des Rameaux et de la Passion

 

Tantôt le prophète Isaïe nous disait :
« Chaque matin, le Seigneur mon Dieu, éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. »
Cette semaine sainte que nous commençons aujourd’hui veut-nous instruire beaucoup et nous resituer au cœur même de notre foi.

Souvent, on regarde la croix de Jésus comme une tragédie sans aller plus loin.  Pourtant, la croix est glorieuse.  Elle nous révèle une offrande fantastique, au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.

Elle nous révèle comme jamais ce qu’il y a dans le cœur de notre Dieu,
un amour sans limites et sans fin pour l’humanité, pour chacun et chacune de nous.
Autrement dit, la croix de Jésus, c’est la nouvelle la plus grande
que nous sommes appelés à accueillir dans la foi.

L’évangile de la passion ne veut pas nous dire ce qui est arrivé à Jésus.  C’est une Parole de Dieu où on peut se retrouver.  Saint Grégoire de Naziance disait :

« Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suit Jésus.
Si tu es Simon-Pierre, reste près de celui qui a été livré à cause de toi, et tire profit de ta lâcheté.
Si tu es Joseph d’Arimathie, réclame le corps adorable de celui qui fut mis en croix.
Si tu es le centurion, redis-lui ta foi : “Vraiment celui-ci était Fils de Dieu !
Si tu es l’une des saintes femmes, va le pleurer de grand matin.
Sois le premier à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même. »

Et le prophète nous disait encore :
« Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. »

Pour soutenir une personne épuisée!
Pas facile de réconforter quelqu’un,
de soutenir un couple en difficulté,
de donner de l’espoir aux grands malades ou à leurs proches,
d’encourager une personne dans la misère,
d’aider la personne qui vient de se faire voler,
d’annoncer le pardon à quelqu’un qui a des complexes de culpabilité.
La plupart du temps, on se sent bien pauvre et bien démuni pour le faire.
La semaine sainte vient nous instruire, nous donner un langage
qui nous permettra de mieux réconforter,
de mieux soutenir ceux ou celles qui vivent de grandes difficultés.

Autant de raisons de bien vivre cette semaine sainte.  Nous avions vraiment raison au 4e dimanche du Carême de prier en disant :

« Seigneur,
accorde au peuple chrétien de se hâter
avec un amour généreux et une foi ardente
au-devant des fêtes pascales qui approchent. »