Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 24 mai 2021 – Vierge Marie, Mère de l’Église – Jean19, 25-34
En concluant le Concile Vatican II, le pape Paul VI a proclamé la Vierge Marie « Mère de l’Église », de tout le peuple chrétien. Et le 11 février 2018, le pape François a décidé que cette fête soit inscrite le lundi de la Pentecôte et célébrée chaque année.
Nous avons entendu un évangile qu’on connaît bien, peut-être trop. Le Christ en croix dit à Marie : « Femme, voici ton fils », et au disciple qu’il aimait : « Fils, voici ta mère ».
Jésus n’a pas voulu qu’ils demeurent chacun de leur côté ; il a voulu qu’ils s’occupent l’un de l’autre. Il les a rapprochés, ils sont devenus solidaires. Ainsi ils ont donné naissance à la communion fraternelle, à l’Église. Ainsi l’Église est née au pied de la croix, dans la communion avec Jésus souffrant.
À ce moment, Jésus donne à sa mère une parole d’espérance.
Alors qu’elle est sur le point de perdre son fils unique, sur le point de perdre sa qualité de mère, de mère qui donne la vie, Jésus lui dit « Femme, voici ton Fils ». Marie reçoit un nouveau fils, une nouvelle descendance, une nouvelle espérance, une vie nouvelle. Marie retrouve une nouvelle qualité de mère auprès du disciple bien-aimé.
De son côté, le disciple bien-aimé reçoit en quelque sorte une parole qui l’engendre à nouveau : « Voici ta mère ».
On pense souvent qu’il s’agit de saint Jean, mais ce n’est écrit nulle part. Ce disciple bien-aimé dans l’évangile ne porte pas de nom parce qu’il représente chacun d’entre nous. Chacun de nous est un disciple bien-aimé, qui reçoit Marie pour mère, c’est-à-dire une personne qui lui donne vie. Ça signifie que nous devenons de nouveaux Jésus pour Marie, que nous remplaçons Jésus auprès d’elle. Et si nous avons Marie pour mère, ça signifie que nous sommes sur le même pied que Jésus, que nous avons Jésus pour frère.
Nous trouvons là la mission de Marie, faire de chacun de nous de nouveau Jésus, des frères et sœurs de Jésus. La mission de Marie, c’est de transformer les disciples, de faire d’eux des frères égaux de Jésus.
C’est ainsi que Marie est devenue la nouvelle Ève comme femme et mère de l’humanité.
La première Ève avait connu un échec avec ses enfants : Caïn avait tué Abel.
Marie aussi a connu un échec apparent avec la mort de Jésus, mais elle se découvre mère d’une multitude grâce à Jésus qui fait d’elle la mère de ses disciples, une mère qui crée autour d’elle une famille de frères et sœurs, tous égaux entre eux et tous semblables à Jésus.
Avec la première Ève, il y avait eu un échec de la famille, avec Jésus, il y a fondation d’une nouvelle famille, l’Église, une source de vie et d’amour,
On comprend que le pape François ait voulu que cette fête soit célébrée le lendemain de la Pentecôte.
Que Marie devienne notre mère selon la volonté de Jésus, la mère de l’Église, c’est le premier fruit de la Pentecôte. Jésus n’a pas voulu que sa mère et son disciple restent chacun de leur côté ; il a voulu qu’ils s’occupent l’un de l’autre. Il les a rapprochés, ils sont devenus solidaires.
Aujourd’hui, nous faisons mémoire de la prise d’habit de votre mère fondatrice, Mère Marie-Zita de Jésus, le 23 mai 1895.
En ce jour, rappelons-nous que la volonté de Jésus n’a pas changé, il ne veut pas qu’on reste chacun de notre côté, mais qu’on soit ensemble, solidaire les uns des autres, en Église, avec Marie qui reçoit comme mission de faire de nous d’autres Jésus, frères et sœurs de Jésus.
Que ce premier fruit de la Pentecôte mûrisse encore chez nous !
Que Marie nous protège et nous guide dans ce monde particulièrement secoué.
