Mgr J-C. Dufour-24 mai 2019-fete des jubilaires s-j-m-jean15-9-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 Mai 2019 –  Fête des jubilaires S.J.M.  ( Jean 15, 9-17 )

 

70e de profession : S. Marie-du-Carmel et de S. Marie-Claire Hamel
60e de profession : S. Noëlla Pineault, S. Marguerite Cuillerier et S. Marie-André
50e de profession : de S. Marie-de-Jésus-Prêtre

 

Fête des jubilaires en ce jour qui rappelle la prise d’habit de votre Mère fondatrice, Mère Marie-Zita-de=Jésus.

Je ne sais pas si vous le savez, mais le mot « jubilé » vient d’un mot hébreu qui signifie « corne de chèvre », corne de chèvre transformée en trompette qu’on utilisait tous les cinquante ans pour proclamer une année sainte, une année qui se voulait à la fois une année de libération, une année de joie et une année de conversion.

 

Mais ça n’a pas toujours été un succès, les jubilés.
Un jour, le prophète Isaïe (Is 61) annonce un jubilé définitif qui marquera le début de temps nouveaux, une libération pour tous, parce que Dieu interviendra d’une façon décisive.
Quand Jésus fait la lecture dans la synagogue de son village, il reprend à son compte l’annonce du prophète Isaïe. C’est lui qui vient accomplir ce jubilé annoncé, et ce, une fois pour toutes et pour tous les hommes.

 

Aujourd’hui, nous célébrons le jubilé de S. Marie-du-Carmel et de S. Marie-Claire Hamel pour leur 70e de profession, le jubilé de S. Noëlla Pineault, S. Marguerite Cuillerier et S. Marie-André pour leur 60e de profession, le jubilé de S. Marie-de-Jésus-Prêtre pour son 50e anniversaire de profession.

 

En soulignant votre jubilé par cette Eucharistie, nous mettons Jésus au cœur de la fête.
On se souvient que Jésus, au début de son ministère, avait appelé des pêcheurs à le suivre. « Venez, suivez-moi. »
Il y a 70, 60, et 50 ans, Jésus est passé dans votre vie en disant « Viens, suis-moi ! »
La fête d’aujourd’hui n’est pas sans faire remonter dans votre cœur cet appel de Jésus qui vient vous redire aujourd’hui : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis. » Si dans nos vies on peut faire bien des choix, c’est différent avec Jésus. C’est lui qui vous a appelées. Un appel qui demeure toujours un mystère !

 

L’année sainte se voulait un temps de grâce et de conversion. Il en est ainsi de votre jubilé.
Au fil des années, comme nous le disait le Cantique des Cantiques tantôt, vous avez compris que Jésus vous avait posées comme un sceau sur son cœur, ce qui vous invitait à lui demander la grâce de pouvoir aller toujours plus loin, de pouvoir aimer à la manière de Jésus.

 

Et comme il le fait d’habitude, Dieu ne choisit pas les personnes les plus en vue. Saint Paul le faisait remarquer aux Corinthiens en leur disant : « ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort. » (1 Cor 1,27)
Je ne rappelle pas ça pour vous humilier, au contraire. À l’automne, ce sont parfois les plus petites plantes qui donnent les plus belles couleurs. « C’est moi qui vous ai choisis. » Jésus vous a fait confiance au point de vous appeler à le suivre, au point de vous prendre à son service, non pas comme des serviteurs, mais comme des amis parce qu’il vous a fait connaître, comme à nous tous, ce qu’il a appris de son Père.

 

Quand Jésus a appelé des pêcheurs à le suivre, ils ont dû quitter leurs filets, leur barque et leur père.
Vous avez fait de même ! Quand on accepte de suivre Jésus, on consent en même temps à des brisures, des ruptures. Marcher à la suite de Jésus, c’est aller où il va, travailler où il travaille, vous retirer dans le désert comme il le faisait pour vous devenir des adoratrices. N’empêche au fil de toutes vos années de religieuses, vous avez entendu une voix qui cherche à se faire entendre, comme un murmure. Parfois, elle vous parvient comme le souvenir d’un grand « oui », déjà prononcé, comme le rappel paisible, heureux et plein de grâce de la première rencontre.

 

Vous n’êtes pas sans vous rappeler que les moments où vous avez été les plus fidèles à ce premier appel ont été pour vous les moments les plus remplis et les plus gratifiants.
Aussi, vous pouvez donner tout un témoignage dans notre monde, surtout aux jeunes qui ne demandent pas mieux que de voir en vous des appelées heureuses, des baptisées qui n’ont pas été déçues dans leur amitié avec le Christ, des passionnées du Seigneur Jésus. Je sais que vous avez eu l’occasion de le faire en en rencontrant à quelques reprises.

 

Dans la préface tantôt, je vais dire : « Et ceux qui ont voulu, comme lui, être pauvres sur la terre, il les consacre tout entier à son service, leur promettant un trésor dans le ciel.
Votre vocation ! Un appel, un mystère, un « miracle ».

Rendons grâce à celui qui vous a appelées et accompagnées tout au long de votre vie.