Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 24 Juillet 2019
( Matthieu 13, 1-9 )
.« Montre à ceux qui t’implorent ton inépuisable bonté… restaure pour eux ta création. »
Cette petite prière que nous venons d’exprimer est chargée de sens et prend toute sorte de couleurs.
Nous comprenons de plus en plus qu’il devient urgent, à cause des changements climatiques, d’apporter toutes les mesures nécessaires pour corriger la situation et restaurer la création.
En ce temps de vacances, les gens cherchent des endroits où ils pourront se reposer, et souvent des endroits où ils pourront s’émerveiller de la belle nature qui les entoure.
Restaurer la création, c’est, bien sûr, faire en sorte qu’on puisse s’en émerveiller toujours.
Je pense au fameux psaume de la création (ps 148). « Mon Dieu, tu es grand, tu es beau. Par les Cieux devant toi, splendeur et majesté. Par l’infiniment grand, l’infiniment petit. Et par le firmament, ton manteau étoilé. »
Le pape François a cité de psaume dans son encyclique « Laudato si ». Il écrit : « Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : «Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »
Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l’exploiter.
La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants. C’est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui «gémit en travail d’enfantement. » (Rm 8, 22)
Avec ces mots du pape François, on comprend que la restauration souhaitée est celle même de l’être humain.
La restauration demandée, c’est celle de l’être humain qui en a pris un coup après avoir péché contre son Dieu.
Nous sommes toujours menacés par les possessions, le pouvoir, la gloire, l’orgueil qui prennent toute sorte de formes.
C’est en demandant à Dieu de nous entraîner derrière Jésus que nous participerons à sa victoire, que nous serons restaurés et sauvés.
Nous en avons un bel exemple en saint Pierre. C’est au cours d’un repas que Pierre avait promis à Jésus de lui être loyal jusqu’à la mort.
C’est en se réchauffant auprès du feu qu’il avait renié Jésus par trois fois.
Curieusement, après sa résurrection, on voit Jésus sur le rivage qui a préparé un feu avec du pain et du poisson posé dessus.
C’est à nouveau au cours d’un repas que Pierre renouvellera son engagement envers Jésus.
C’est la restauration de Pierre qui s’est opérée ce jour-là.
Nous sommes réunis en ce moment pour prendre à nouveau un repas préparé par Jésus.
Puisse ce repas être pour nous l’occasion de dire notre amour à Jésus qui s’approche pour nous restaurer.
