Mgr J-C. Dufour – 24 février 2023 – Isaïe 58,1-9a

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 février 2023 – Isaïe 58,1-9a

 

Aux personnes qui lui posent des questions, Jésus donne souvent des  réponses qui se situent à un autre niveau, à un niveau plus profond, plus spirituel.
On voit ça par exemple quand il rencontre le vieux Nicodème dans la nuit et la Samaritaine sur le bord du puit.
On voit la même chose aujourd’hui lorsque Jésus rencontre des disciples de Jean-Baptiste.

Ils posent à Jésus une question sur le jeûne de nourriture, et Jésus répond en parlant du jeûne entraîné par le deuil, d’un jeûne lié au décès, à l’absence provoquée par une personne aimée qui n’est plus là.  C’est un jeûne qui est un manque profond creusé par l’absence de l’amour.

Quand Jésus était là, il y avait comme une atmosphère de noce, comme une fête, comme un temps de joie.
Les aveugles voyaient, les boiteux couraient, il accordait une année de bienfaits.
Mais maintenant, il n’est plus là, il est absent.  Sa présence sur terre n’aura duré que 33 ans.
Oui, nous jeûnons parce qu’on ne voit pas Jésus avec nos yeux de chair, et Dieu semble parfois bien absent de ce monde.

Pourtant, avec quelles attentions, avec quelle miséricorde, Jésus ressuscité se penche vers nous pour se rendre présent et nous procurer la nourriture dont nous avons besoin!
Faire la volonté de Dieu, lire et méditer sa Parole, recevoir l’Eucharistie sont trois moyens de nous nourrir au milieu du jeûne de deuil annoncé par Jésus.

Quand Jésus dit : « Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé;  alors ils jeûneront »,  il ne veut pas nous dire que le jeûne de nourriture n’est pas important.  Lui-même a jeûné au désert et prié pour se préparer à sa mission.  La prophétesse Anne servait Dieu jour et nuit dans la prière et le jeûne.

Jeûner, c’est une manière de faire participer notre corps à la prière et de montrer que Dieu est plus important que tout.