Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 24 décembre 2025 – Messe, Nuit de Noël – Luc 2, 1-14
Nous venons de vivre le temps de l’Avent! Nous avons proclamé que le Christ « est déjà venu pour accomplir l’éternel dessein de ton amour… et qu’il viendra de nouveau. C’est ce que nous fêtons ce soir.
Et le prophète vient de nous dire : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière… Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ». Et Saint Luc vient tout juste de nous dire « qu’il y avait des bergers qui qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs à garder leurs troupeaux. La gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent remplis d’une grande crainte. »
Quand Dieu nous révèle quelque chose de sa sainteté incomparable, de sa grandeur, de sa royauté, ça nous inspire de la crainte. Notre premier sentiment est la peur
Que voyons-nous ce soir? « Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Un nouveau-né adorable dans tous les sens de terme, celui dont la venue est bien loin de nous inspirer la peur, mais des sentiments de joie et de tendresse.
L’ange avait dit à Joseph : « On lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » (Mt 1,23).
Pas Dieu contre nous, pas Dieu au-dessus de nous, pas Dieu en face de nous, mais Dieu avec nous, Dieu dans notre pauvre humanité avec sa grâce, Dieu avec nous dans notre faiblesse et notre misère, Dieu avec nous avec sa miséricorde et sa tendresse. Dieu fait tomber toutes les barrières entre l’homme et lui. Il prend tout ce que nous sommes pour nous donner tout ce qu’il est. C’est le cœur du message de Noël, Dieu avec nous, Dieu pour nous.
L’ange dit aux bergers : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un sauveur qui est le Christ, le Seigneur »
C’est notre foi qui est là. Pourtant, il y a quelqu’un qui a dit aussi que Jésus est aussi le « Sauveur de Dieu. Ça peut paraître un peu bizarre, mais ce n’est pas si bête. »
Les disciples d’Emmaüs disaient : « Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. » Quand nous ouvrons les yeux comme il faut, on voit bien comment Dieu continue à être malmené, comment son image est déformée et souvent caricaturée. On fait de lui un tyran, un juge impitoyable, un contrôleur sévère, ou encore un magicien, un chef d’armée.
La fête de Noël nous révèle que le vrai Dieu n’est rien de tout ça. Elle nous montre un Dieu qui s’est fait petit enfant. Il est Celui qui apporte l’amour, la lumière dans ce monde plein de violence et de haine. Seulement les pauvres de cœur peuvent le comprendre. « Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire »
« Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, Mais il s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave ».
Il naquit dans la pauvreté; dès son enfance, il fut obliger de s’exiler avec sa famille pour échapper à la cruauté d’Hérode. Il vécut comme un homme qui n’a pas où reposer sa tête. Il fut accusé d’être un glouton et un ivrogne, un ami les publicains et des pécheurs. Et il subit la mort réservée aux criminels.
Si le Christ souhaite venir chez nous et en nous, c’est pour nous combler de son amour,
un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.
Vivre un vrai Noël, c’est accueillir Jésus,
c’est le suivre et lui donner la première place dans nos cœurs.
C’est avec lui que nous trouverons la vraie joie.
Cette joie de Noël, nous pourrons la partager
avec tous ceux et celles qui nous entourent.
JOYEUX NOËL
