Mgr J-C. Dufour 24 décembre 2024 – Veille de Noël – Luc 2, 1-14

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 décembre 2024  – Veille de Noël – Messe de la nuit – Luc 2, 1-14

 

« Il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’Ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte… Alors l’Ange leur dit : « ne craignez pas ».

De fait, quand on lit les premiers chapitres de l’Évangile, il y a la peur de Zacharie dans le temple,
la peur de Joseph qui veut répudier Marie en secret, la peur d’Hérode et des grands prêtres.
Et toujours les mots des envoyés de Dieu qui redisent : « Ne crains pas… C’est moi, n’ayez pas peur… ! »
Jésus lui-même redira très souvent.

La peur, ça ne date pas d’hier. On se souvient qu’Adam et Ève se cachent parce qu’ils avaient peur Dieu. La Bible nous dit que la peur fait partie de la condition humaine. Les gens qui vivent la guerre connaissent sûrement la peur.
Récemment, des drones apparaissaient la nuit au-dessus du New Jersey ; les gens avaient peur.
On a tiré des coups de feu sur une école juive à Toronto ; on a peur.
Un attentat en Allemagne entraîne la peur en France, à Québec et à Montréal.
Je pense que si j’avais été enveloppé de lumière en pleine nuit comme les bergers j’aurais eu peur comme eux, moi aussi. On ne peut pas rester indifférent devant toutes ces peurs omniprésentes dans notre monde.

Saint Pierre Chrysologue disait : « Dieu, qui voit le monde ravagé par la peur, agit toujours pour le rappeler à lui avec amour, et l’envelopper de sa tendresse. »

Noël, c’est Dieu qui nous envoie son Fils pour nous sauver, nous libérer de la peur.

Aujourd’hui nous célébrons un Dieu qui n’a pas choisi de venir dans le monde dans le tonnerre ou les éclairs, dans la splendeur de sa puissance ou de sa gloire, mais un Dieu qui a choisi de venir au monde à la manière d’un bébé, comme quelqu’un qui est absolument dépendant des autres pour vivre. Jésus n’apparaîtra jamais comme un puissant, comme un roi, comme quelqu’un devant qui il faut se plier ! Non, il se présentera comme un serviteur, comme quelqu’un qui se met à genoux devant sa créature, pour lui-même, la prier.

À Noël, on aime se rassembler dans une église pour prier, mais, à bien y penser, c’est le Seigneur qui vient nous faire une prière. Il vient nous demander : veux-tu me suivre ? Veux-tu apprendre à m’aimer ? Veux-tu m’accueillir dans la maison de ton cœur ? N’aie pas peur, aie confiance, crois en moi ! Ça ne me fait rien de venir au monde dans une étable ; ça ne me fait rien qu’on cherche à m’éliminer dès les premiers jours de ma naissance, ça ne me fait rien de subir des railleries de toutes sortes ; ça ne me fait rien qu’on fasse des complots contre moi ; ça ne me fait rien qu’on me mette sur une croix ! Parce que tu comptes pour moi, que tu as du prix à mes yeux, et je t’aime ! »

Je me souviens que Mgr Ebacher était venu visiter l’école de la paroisse. En parlant aux enfants, il reprenait les mots de l’Ange aux bergers : « N’aie pas peur, Jésus t’aime, il est avec toi, il est dans ton cœur. Aie confiance, crois en lui ».
Trois semaines après, une petite fille était venue me dire : « C’était assez beau, Jean-Charles, ce que Mgr nous a dit, j’avais rien qu’envie de pleurer ».
En ce jour de Noël, je souhaite qu’on fasse l’expérience de cette petite fille, que le message de l’Ange nous touche profondément et vienne nous libérer en nous disant :

« Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle…
Aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ».