Mgr J-C. Dufour- 24 avril 2020 – Actes 5,34-42 et Jean 6,1-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 24 avril 2020 – Actes 5,34-42 et Jean 6,1-15

 

« Il leur répondit : « Quand vient le soir, vous dites : “Voici le beau temps, car le ciel est rouge.”   Et le matin, vous dites : “Aujourd’hui, il fera mauvais, car le ciel est d’un rouge menaçant.” Ainsi l’aspect du ciel, vous savez en juger ; mais pour les signes des temps, vous n’en êtes pas capables. »  (Mt 16,2-3)

Beaucoup de monde aime entendre la radio le matin pour entendre les météorologues nous parler du temps qu’il fera, parce qu’on ne peut pas le faire avec autant de précision qu’eux. Interpréter les signes n’est pas à la portée de tout le monde. C’est à la fois un art et une science. Ce qui est vrai pour le temps est aussi vrai pour bien des choses comme pour l’évolution de la société, la politique, etc.

Dans la première lecture aujourd’hui, Gamaliel, docteur de la Loi, a la sagesse de reconnaître qu’il ne sait pas comment interpréter le zèle missionnaire des disciples de Jésus. Seul le temps dira si le message qu’ils annoncent est vrai ou s’il s’évanouira dans la nature, comme celui de beaucoup d’autres. Mais il a conscience d’une chose : “si leur entreprise vient des hommes, elle tombera. Mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire tomber”. Si Dieu est derrière cela, personne ne pourra empêcher le message de se répandre, même en coupant les têtes.

Dans la lecture évangélique, les signes sont d’une totale simplicité : cinq pains et deux poissons.   C’est rien pour autant de monde, mais “Jésus savait bien, lui, ce qu’il allait faire.”  Ces modestes ressources suffisent. Elles peuvent devenir les signes du salut pour tous ceux qui sont là réunis en grande foule. Mais sauront-ils à leur tour interpréter les signes qui leur sont donnés ? Rien n’est moins sûr ! Qu’y a-t-il dans leur tête ? La reconnaissance d’un sauveur ou le désir de prendre Jésus de force pour en faire leur roi ? La reconnaissance d’un sauveur ou le désir de ne plus avoir à peiner pour trouver le nécessaire ?

Si Jésus nous demandait “Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?”, on pourrait donner la réponse de Philippe : “Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas” ; on pourrait donner la réponse d’André “Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde !”  Le calcul est impossible, ce qui donne une petite ouverture à Jésus, celle de la foi.

Si nous avions été dans la foule, comment aurons-nous compris la multiplication des pains ?   Comme les hommes et les femmes du temps ? Nos yeux se seraient-ils ouverts pour reconnaître le Sauveur ? Aujourd’hui encore, des signes nous entourent quotidiennement. Ils sont aussi simples que les pains et les poissons. Seul le cœur peut nous ouvrir les yeux et nous permettre de découvrir les signes de Dieu.