Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 septembre 2022 – Saint Pio de Pietrelcina – Luc 9, 18-22
« En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. »
C’est le début de l’évangile aujourd’hui. Saint Luc insiste beaucoup sur la prière de Jésus : au moment de recevoir le baptême, avant d’appeler ses apôtres, avant de monter à Jérusalem pour accomplir la volonté de son Père, avant de mourir.
Au début de l’évangile, ce sont les hommes qui se posent des questions sur l’identité de Jésus.
« De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? » (Marc 6,2).
Mais qui est-il donc pour parler ainsi, pour pardonner, pour faire des gestes miraculeux ?
C’est seulement à la fin de l’évangile qu’on connaîtra la véritable identité de Jésus.
C’est un soldat romain, un centurion, un païen qui nous le dit : « Sûrement, cet homme était un juste ». « À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »
C’est après avoir prié, Jésus pose des questions à ses disciples sur son identité, deux questions bien différentes.
La première : « Pour la foule qui suis-je ? »
C’est intéressant la réponse des apôtres ! Il y a des gens dans la foule qui affirment que Jésus serait un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. C’est curieux qu’ils donnent cette réponse parce que c’est justement au moment où Jésus marche vers sa mort et sa résurrection. Pour quelques-uns, Jésus serait « Un prophète d’autrefois ». La foule parle au passé alors que la résurrection est avant tout objet d’espérance. La résurrection n’est pas en arrière, mais en avant.
Et puis Jésus pose une deuxième question, beaucoup plus personnelle à ses disciples. « Et vous que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? »
Vous avez remarqué que c’est Pierre, le chef des apôtres, celui qui deviendra le chef de l’Église qui répond : « Le Messie de Dieu. » Mais Pierre n’a pas encore compris que celui qui vient de Dieu doit retourner à Dieu par le chemin de Pâque.
Je vous parlais au début de la prière de Jésus.
Nous fêtons aujourd’hui Saint Pio de Pietrelcina. Il disait : « Dans les livres, nous cherchons Dieu, dans la prière nous le trouvons. La prière est la clé qui ouvre le cœur de Dieu. »
C’est de sa prière que surgissait la charité comme une source d’eau vive. L’amour qu’il avait dans son cœur et qu’il transmettait aux autres était plein de tendresse, toujours attentif aux situations réelles des personnes et des familles. Il se donnait particulièrement aux personnes pauvres, malades ou souffrantes, en qui il voyait l’image du Christ.
