Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE: 23 septembre 2020 – St Pio de Pietrelcina – Luc 9,1-6
Pendant longtemps, je ne sais pas si c’était pareil pour vous autres, je trouvais donc que cet évangile était loin de nous, qu’il ne venait pas vraiment nous rejoindre, mais j’ai changé d’idée depuis ce temps-là.
« En ce temps-là Jésus rassembla les douze. » Tout commence par l’appel de Jésus. C’est vrai pour nous aujourd’hui aussi. C’est toujours Jésus qui nous rassemble autour de lui. Nous croyons, comme les premiers chrétiens, qu’il vit toujours au milieu de la communauté.
Et une fois rassemblée, il fait des dons aux apôtres, des dons qui qui vont servir à leur mission. Ces dons, on peut les rassembler en deux catégories : d’abord soigner et guérir, deuxième don, lutter contre tout ce qui divise, c’est ça qu’il faut comprendre quand il leur donne « autorité sur tous les démons ». Le démon, le grand menteur, est toujours un agent de division. C’est pour cette raison que le ministère des prêtres est un ministère de communion et de réconciliation.
Ça aussi on le vit dans nos célébrations en écoutant la Parole et en célébrant l’Eucharistie, Jésus nous fait aussi des dons. Il nous donne ce dont nous avons besoin pour vivre et pour faire vivre : son Esprit de force et d’amour, qui pardonne, qui libère, qui unit et sanctifie.
Finalement, Jésus « les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades. » Oui, les dons reçus servent à notre mission. Quand je dis « allez dans la paix du Christ », je vous invite à aller témoigner. Témoigner, ça veut dire parler, annoncer l’évangile, mais aussi servir par des gestes, par l’entraide, en servant les autres dans tout ce qui fait leur vie.
Et puis, Jésus énumère le bagage qu’ils devront apporter. C’est le bagage des pèlerins qui montent à Jérusalem. Quand on entreprend un pèlerinage, on n’emporte rien de superflu mais le strict nécessaire.
Pas de bâton. Parce que le bâton peut devenir une arme, un moyen de se défendre contre les chiens sur la route, contre les loups, contre les voleursé Pas besoin d’armes pour exercer notre mission.
Pas de sac, ni de pain, ni d’argent. Jésus nous invite à mettre notre confiance en lui avant les besoins matériels. Pour parler du bon Dieu, pas besoin d’avoir de l’argent plein les poches, un seule chose est nécessaire : avoir la parole en son cœur à tel point qu’elle peut en déborder.
Ne pas prendre deux tuniques de rechange, ou deux chemises. C’est un appel à partager ce qu’on a en trop, ce qui est toujours très actuel. Nous sommes faits pour le partage, car créé à l’image d’un Dieu qui est partage, communion. En partageant au fur et à mesure, on vit l’esprit de simplicité selon l’Évangile.
« Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y. » Rappelons-nous que la première communauté s’est développée à partir d’une maison qui rassemblait des croyants. Comme il est important d’avoir des maisons où se vit la foi, où l’on peut partager notre vie, ouvrir notre cœur, dans un climat de confiance, à la lumière de l’Évangile.
