Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 octobre 2020 – Éphésiens 4,1-6
Il y a un homme qui a calculé comment se passe la vie. D’après ses calculs, si nous vivons en moyenne 70 ans, nous allons dormir pour 23 ans. Travailler pendant 16 ans. Regarder la télé pendant 8 ans. Manger pendant 6 ans. Voyager pendant 6 ans. S’amuser pendant 4,5 ans. Être malade pendant 4 ans. S’habiller pendant 2 ans et aller à l’église à peu près 6 mois.
Mais être chrétiens, ce n’est pas aller à l’église pendant 6 mois parce que c’est l’affaire de toute une vie. Aussi saint Paul invite les Éphésiens et nous aussi « à nous conduire d’une manière digne de notre vocation ». C’est ce que lui « qui est en prison à cause du Seigneur » a toujours fait. Il a vécu ce qu’il enseigne même si c’est très difficile.
Mais, dit-il, il y a une autre raison bien plus grande. C’est que Dieu a un plan éternel pour son peuple, il nous considère comme des élus depuis la fondation du monde. Il nous a prédestiné dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ. Il invite les Éphésiens et nous invite nous aussi à voir tout ce que le Seigneur a déjà réalisé pour nous.
Si nous sommes enfants de Dieu, nous sommes appelés à vivre comme des enfants de Dieu, surtout que nous ne sommes pas n’importe lequel enfant, mais un enfant du Roi des Rois. Ça veut dire que notre appel ne vient pas de n’importe qui, il vient d’en haut. Et puisque cet appel vient d’en haut, ça demande de notre part une certaine conduite, et une conduite en Église. Saint Paul écrit à une jeune communauté. Il nous dit quelles sont les choses qui doivent caractérises nos relations en Église.
Il les nomme : l’humilité, la douceur, la patience, se supporter les uns les autres avec amour.
D’abord l’humilité et la douceur. Déjà il nous invitait à n’avoir aucune prétention déraisonnables mais à être raisonnables ». (Rm 12,3) Mais il insiste surtout sur l’humilité et la douceur de Jésus-Christ, qui s’est dépouillé lui-même en prenant le rang de serviteur. Aussi, il dira aux Philippiens : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus. » (Phil. 2, 4, 5)
Une autre chose qui devrait nous caractériser en Église, c’est la patience, et de savoir nous supporter les uns les autres. La patience suppose que parfois il est difficile de vivre avec d’autres personnes. Se supportes les uns les autres, ça va plus loin que la patience, c’est la patience mise en pratique. C’est même une souffrance. Il disait déjà aux Corinthiens : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil. »
Justement, les quatre choses dont Paul a parlé — l’humilité, la douceur, la patience, le fait de supporter les uns les autres peuvent être toutes regroupés sous la courte phrase « avec amour ». Là où il y a l’amour, on peut trouver tout le reste. Quelqu’un a dit avec raison : l’amour, c’est « la couronne et la somme de toutes les vertus. »
