Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 mai 2025 – Jean 15, 12-17
Vous avez remarqué la première phrase de l’Évangile :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
Cette phrase est aussi la dernière phrase de l’Évangile :
« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres »,
pas n’importe comment mais comme lui nous a aimés.
Cet amour-là n’est pas un beau rêve, c’est un amour très concret.
J’ai lui quelque part que l’amour ressemble à une échelle à quatre barreaux, une échelle que nous sommes appelés à gravir.
Le premier barreau à franchir, c’est de ne pas porter de jugement sur les autres.
Juger un autre, c’est nous considérer supérieur à lui, c’est nous placer dans le bien et l’autre dans le mal. Rappelons-nous de cette parole de Jésus : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. »
Ne pas juger, c’est le premier pas de l’amour. Il n’est jamais heureux de réduire une personne à ce qu’elle est capable de faire.
Le deuxième barreau à franchir, c’est le pardon.
Souvenons-nous de la question de Pierre à Jésus : « Combien de fois dois-je pardonner? » et de la réponse de Jésus : « Soixante-dix fois sept fois ». Jésus n’enferme jamais l’autre dans une faute qu’il a commise. Il nous ouvre un nouvel avenir, un nouveau chemin d’amitié. Souvenons-nous de tous ces évangiles où Jésus donne le pardon au scandale des siens trop souvent.
Le troisième barreau de l’échelle, c’est la miséricorde.
C’est Dieu qui se révèle à nous. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » La miséricorde fait en sorte que notre âme unie à Dieu ne désire que le bien de celui qui a fait le mal. La miséricorde fait en sorte qu’on fait tout ce qu’il faut pour que l’autre ait la vie en abondance.
Le quatrième barreau, c’est encore la miséricorde, mais cette miséricorde qui a une couleur particulière, celle que Jésus nous a manifestée sur la croix. Cette miséricorde, c’est l’amour des ennemis. Jésus disait : « Faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient ». Comme le Christ a eu des ennemis, et cela très tôt dans sa vie, nous avons des ennemis. Ça peut être de notre faute ou non. Il faut le dire, tous les efforts pour rejoindre le cœur de Dieu nous rapprochent aussi de nos ennemis.
Cherchons à nous rappeler que la vie de nos ennemis prend sa source aussi en Dieu, qu’ils sont nés eux aussi de Dieu.
« Voici de ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »
