Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 juin 2025 – Matthieu 7, 1-5
« Hypocrite ! »
Jésus n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Le même mot, on l’avait trois fois mercredi dernier : on peut être hypocrites quand on fait l’aumône, hypocrites quand nous prions, hypocrites quand nous jeûnons.
Ce mot, il revient treize fois dans l’évangile de Matthieu.
Mais, c’est quoi un hypocrite?
C’est quelqu’un qui a un jugement perverti, quelqu’un qui voit seulement l’extérieur alors que Dieu, lui, connait le fond des cœurs. C’est quelqu’un qui n’est pas capable de porter un bon jugement à la lumière de Dieu. Aussi, seul Dieu est en mesure de juger avec justice, et son regard est un regard juste et miséricordieux.
Dans le même esprit, Saint Paul invitait les Corinthiens à ne pas juger et à laisser venir le Seigneur, parce que c’est lui qui rendra manifeste les desseins des cœurs. Il leur disait :
« Ainsi, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il rendra manifestes les intentions des cœurs. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu. »
Ce que saint Paul disait aux Corinthiens, ça vaut pour nous aussi.
Que ce soit une poutre ou une paille qu’on ait dans l’œil, ça veut dire que nous avons tous un problème de vision.
Nous avons tous un regard un peu obscurci.
Aussi, recevoir la lumière de Dieu est une immense grâce.
Comprendre qu’on ne voit pas très bien est une deuxième grâce.
Accepter que la lumière de Dieu vienne faire la lumière en nous est une grâce encore plus grande.
C’est alors que nous pourrons enlever la poutre ou la paille de notre œil et juger selon le regard de Dieu, un regard juste et miséricordieux !
Pourquoi Jésus insiste-t-il autant sur le fait de ne pas juger?
Parce qu’il y a une seule chose qui l’intéresse : c’est que nous soyons frères et sœurs et non pas juge des autres.
Tout s’appuie sur le commandement de Dieu qui est l’amour.
Aimer Dieu, aimer les autres, s’aimer soi-même.
Alors comme disait Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus :
« nous pourrons, avec confiance nous jeter dans les bras du Seigneur ».
