Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 juillet 2025 – Matthieu 13, 1-9
On a entendu cet évangile maintes et maintes fois et nous l’avons retenu parce qu’il parlait dans cette parabole de « terre ».
Je me suis inspiré d’un texte de Dom Armand Veilleux, un moine de l’ordre cistercien de la stricte observance. Docteur en théologie, particulièrement de la liturgie. Il a bien connu les moines de Tibbirine. Si je l’ai retenu, c’est parce qu’il a écrit un texte sur cet évangile en lui apportant une couleur particulière qui m’a beaucoup frappé.
« Ce qui est important avant tout pour Jésus, dans cette parabole, ce ne sont pas les épines qui peuvent étouffer la semence reçue; ce n’est pas le terrain rocailleux, qui ne permet pas à la semence d’avoir des racines profondes; ce ne sont pas les oiseaux du ciel qui viennent manger les grains tombés sur le sentier; ce n’est même pas la bonne terre qui reçoit cette semence. Ce qui est le plus important pour Jésus, c’est la semence elle-même. Et la semence dont il parle, c’est sa Parole, qui est aussi la Parole de son Père. »
« Dans le texte de Matthieu, cette parabole suit immédiatement le récit où les membres de la famille de Jésus voulaient se saisir de lui et le ramener à la maison, parce qu’ils pensaient qu’il avait perdu la tête. Cette parabole est en réalité une réflexion de Jésus sur son ministère. Sa Parole est reçue de diverses façons. Chez certaines personnes, elle trouve un cœur de pierre et ne croît pas du tout; chez d’autres, elle croit avec difficulté, mais elle croît tout de même. Et quand elle aura atteint sa pleine croissance, ce sera la Fin. En somme, il s’agit d’un message d’espérance. »
« Nous sommes toujours portés à nous préoccuper de nous-mêmes et de nos comportements. Nous nous préoccupons de la façon dont nous recevons la Parole de Dieu. Mais il ne faut jamais oublier que la Parole est immensément plus importante que tout ce que nous pouvons faire ou ne pas faire avec elle. Un grand théologien disait même que le simple fait que Dieu nous a parlé est infiniment plus important que tout ce qu’il nous a dit! »
« Dans la première lecture, tirée du Livre de l’Exode, nous avons le récit du don de la manne au désert. Notre manne à nous, c’est la Parole de Dieu, qui nous est dispensée chaque jour abondamment dans la liturgie, mais que nous devons sans cesse approfondir et méditer. Et notre manne à nous c’est aussi, évidemment l’Eucharistie qui nous est donnée comme notre pain quotidien.
« Approchons-nous de cette table avec reconnaissance et émerveillement. »»
