Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 Janvier 2019
( Marc 3, 1-6 )
Un jour de sabbat, Jésus guérit un homme dont la main était atrophiée.
La main est une des merveilles de notre corps : elle nous permet de porter la nourriture à notre bouche, elle sert à écrire, à repriser, à tricoter, elle s’impose dans le métier que nous exerçons. Il y a des mains d’artistes, des mains d’orfèvres, des mains de chirurgiens, des mains de cuisinière, des mains de couturière, d’infirmières. Qu’est-ce qu’on ne fait pas avec nos deux mains pendant une seule journée ?
Pas difficile d’imaginer la joie, le bonheur de ce pauvre homme qui recouvre sa main. Ce jour-là, Jésus pose un beau geste, un geste rempli de miséricorde. Ça tombe bien puisque ça se passe un jour de sabbat, ce jour de la semaine qui annonce une éternité de repos et de bonheur.
C’est bien le Dieu qu’on voit tout au long des Écritures, un Dieu qui libère, qui appelle à la vie en abondance, au bonheur. On le voyait, dimanche dernier, dans l’abondance de vin que Jésus a donné pour apaiser l’inquiétude du maître du repas et pour que la fête se poursuive sans anicroche.
Le jour où Jésus a guéri la main d’un homme, on peut dire que le sabbat a vraiment joué son rôle.
Il a rappelé la miséricorde de Dieu, il a rappelé que Dieu veut d’abord notre bonheur. C’est pour cette raison que la première tâche qu’il faut accomplir le jour du Seigneur, c’est de louer Dieu pour tout ce qu’il a fait de bon, pour tout ce qu’il continue de faire de bon en notre temps, pour tout ce qu’il promet de bon jusqu’à nous conduire au bonheur sans fin.
Il y a deux façons de considérer le sabbat ou le dimanche : comme une obligation ou comme une miséricorde.
Mais, ce jour-là, il y avait des pharisiens et des partisans d’Hérode qui avaient vu Jésus guérir l’homme à la main atrophiée le jour du sabbat. Ils voyaient le sabbat comme une obligation. Ils étaient bien loin de partager le bonheur de ce pauvre homme qui venait de retrouver l’usage de sa main.
« On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. »
Jésus, au contraire, considère le sabbat comme une miséricorde de Dieu, comme une délicatesse libérante de notre Dieu.
Pendant toute sa vie, il n’a eu qu’un seul désir : accomplir la mission que le Père lui avait confiée, celle de faire miséricorde, de conduire au repos et au bonheur. C’est justement ce que Jésus fait ce jour de sabbat. Il témoigne de sa mission au péril de sa propre vie : « Les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr. »
« Comment le faire périr ? »
Je pense au plus grand sabbat que la Vierge Marie a vécu sur la terre, sabbat dont elle a dû garder un souvenir inoubliable. Ce jour-là, elle était dans la douleur et les larmes. L’enfant qu’elle avait mis au monde était mort, couché dans son tombeau. Mais chez elle, il y avait toujours une foi et une espérance sans borne qui la gardait dans la paix. Elle ne s’était pas effondrée, écrasée au pied de la croix. Elle était demeurée debout, communiant à l’offrande de son Fils qui livrait sa vie pour le salut du monde.
C’est justement un jour de sabbat que son fils sortira vivant du tombeau.
Nous avons trouvé en Jésus le sens de notre vie. Aussi, dans cette eucharistie, approchons-nous de Jésus et présentons-lui ce qui a besoin d’être guéri dans notre vie.
Demandons à Marie de nous apprendre la pratique de ces vertus puissantes que sont la foi et l’espérance, afin que, par elles, le jour du Seigneur soit toujours pour nous un jour de bonheur et de paix !
