Mgr J-C. Dufour – 23 août 2022 – Matthieu 23,  23-26

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 23 août 2022 – Matthieu 23,  23-26

 

Depuis hier, ça fait sept fois que Jésus fustige les scribes et les pharisiens en disant :
« Malheureux êtes-vous scribes et pharisiens hypocrites ». Nous souvenant qu’ils ont souvent critiqué Jésus, on s’en réjouit peut-être.

Mais attention ! Jésus n’aurait sans doute aucun de mal à déceler dans notre vie un contraste entre l’image que nous donnons et ce que nous sommes vraiment, entre notre monde intérieur et notre monde apparent. C’est une réalité qui nous fait souffrir parfois. Il nous arrive de faire l’expérience douloureuse de ne pas être tout à fait authentique, tout à fait vrai. Nous avons reçu tant de grâces du Seigneur, tant de lumières qui ont guidé notre route vers lui. Aussi, plus que jamais, nous percevons notre misère et notre impuissance.

Vraiment, le Seigneur n’a pas besoin de nous dire, comme aux scribes et aux pharisiens : « Malheureux êtes-vous ! »
 C’est nous qui allons vers lui, pas fiers du tout, pour lui dire « Je suis malheureux ! »
Je voulais une vie consacrée à ton règne et je suis encombré de projets trop humains. Je me voulais léger sur la route, et je suis retenu par tant de liens.

Mais vient un jour, c’est un jour de grâce, où nous comprenons qu’il ne sert à rien de sauver les apparences. Devant Dieu, nous sommes à découvert, pris dans une lumière qui ne laisse aucune ombre. Devant lui, il ne sert à rien d’embellir ou de protéger notre image parce qu’il ne se réfère qu’à une seule image, celle de son Fils bien-aimé. C’est cette image que patiemment il cherche à reproduire dans nos cœurs.

Son regard voit dans le secret et son Esprit scrute nos profondeurs. Alors ce qui nous rendra authentiques, c’est de nous vouloir transparents au regard de Dieu. Et pour effacer toutes les déformations qui peuvent se trouver dans notre cœur, regardons longuement le Fils unique qui reçoit de son Père toute sa vie et toute sa mission.

Si le Christ, dans l’évangile de ce matin, sermonne les scribes et les pharisiens, il ne faut pas tomber dans l’erreur de les accuser. Non ! Le Christ les appelle, comme nous, à la vérité. Ce qu’il veut à tout prix, c’est de réussir l’homme et lui conférer toute sa dignité. Devant ce désir du Christ, un grand désir monte ne nous, celui d’être vrais jusqu’au bout dans notre amour, dans notre prière, dans notre service. S’il y avait une prière qui devrait surgir de notre cœur, c’est celle que le roi David exprimait dans le psaume 85 :
« Montre-moi ton chemin, Seigneur, que je marche suivant ta vérité ; unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom. »  (Ps 85,11)