Mgr J-C Dufour-22 octobre 2018-Saint Saint Jean-Paul II-Éphésiens 2,1-10-Luc 12,3-21

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 octobre 2018
Saint Jean-Paul II est venu célébrer l’eucharistie dans notre chapelle en septembre 1984

( Éphésiens 2,1-10 et Luc 12,13-21 )

 

Je m’arrête d’abord à la lettre aux Éphésiens, une lettre qui aurait été écrite par saint Paul alors qu’il était prisonnier à Rome. On pense que cette lettre aurait été envoyée à toutes les communautés chrétiennes où se rassemblaient en même temps des chrétiens d’origine juive et des chrétiens d’origine païenne, ce qui créait problème parfois, on peut le comprendre. Paul encore ces gens à vivre dans l’unité et la paix en montrant comment Dieu a voulu les réunir en un seul peuple. Aussi il les appelle à vivre cette unité d’une façon digne de leur vie nouvelle en union avec Jésus Christ.

 

Pour répondre au problème de ces rassemblements qui faisaient problème, saint Paul leur dit :
« Mais Dieu, qui est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés,… il nous a donnés la vie avec le Christ. C’est bien par grâce que vous êtes sauvés…

 

Saint Paul situe les siens et nous situe d’abord devant l’infinie richesse de la grâce. Pour tous les pécheurs du monde, et même pour ceux et celles qui ne sont pas encore nés, il y a plus de grâce que ce qui est nécessaire ; pour eux et pour nous, il y a un amour bien plus riche que ce que nous pouvons comprendre, une miséricorde qui va bien au-delà de nos besoins… « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés », pas par nos œuvres parce qu’on se glorifierait trop vite alors que c’est Dieu qu’il faut glorifier parce que le salut vient de lui. Le salut est don de Dieu.

 

Il y a un lien avec l’évangile.
L’homme riche de l’évangile est l’image du bon juif. À ses yeux et aux yeux de ses compatriotes, sa richesse est signe de la bénédiction de Dieu, et pourtant cette même richesse demeure aussi une immense tentation. Cet homme s’imagine gagner une sorte de paradis, il peut se reposer, manger, jouir de l’existence parce qu’il a fait du bon travail, parce que, intelligent, il a construit des greniers plus grands pour mettre sa récolte à l’abri. De la même manière, il croit, comme un bon juif, comme les pharisiens surtout, pouvoir gagner son salut à cause de ses bonnes actions. Ce n’est pas long que Jésus nous montre cet homme sous son vrai jour en nous faisant voit qu’il n’a travaillé que pour lui « au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

 

À la fin de la première lecture, saint Paul nous dit :
« Il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions ».
Saint Paul vient nous dire qu’on n’est pas sauvé par de bonnes œuvres, mais que nous sommes sauvés pour réaliser de bonnes œuvres. C’est toujours vrai ! On ne peut pas se vanter de notre fidélité, de nos bonnes actions. On ne peut pas se servir de nos bonnes actions pour se croire supérieur à ceux et celles qui arrivent d’ailleurs, qui croient autrement, qui pratiquent leur foi d’une autre manière parce que les bonnes actions que nous pensons accomplir ont déjà été préparées par Dieu pour qu’on les mette en pratique.

 

Ce matin, nous faisons mémoire de Saint Jean-Paul II qui est venu ici même en septembre 1984.
Le pape Jean-Paul II a touché les cœurs de gens partout à travers le monde, il a cherché à rejoindre particulièrement les jeunes et les croyants d’autres religions, je pense aux rencontres d’Assise avec les chefs religieux d’autres religions. Aussi j’imagine que le pape Jean-Paul II a dû aimer beaucoup cette lettre de saint Paul aux Éphésiens.

 

Maintenant qu’il fait partie des élus, qu’il est saint, demandons-lui de venir encore nous rendre visite pour nous aider à grandir dans l’espérance et la foi.