Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 mai 2020 – Actes des Apôtres – 18,9-18
Depuis un certain temps, je fais mes homélies à partir des Actes des Apôtres. Je pense qu’on a besoin de redécouvrir ce livre de saint Luc. Il raconte le parcours de l’Évangile après la résurrection de Jésus, l’histoire des premières communautés chrétiennes, l’action de l’Esprit Saint à travers tous les obstacles humains. L’Évangile part d’une maison de Jérusalem pour arriver, après quelques années, dans une maison de Rome. C’est le christianisme qui s’ouvre à l’universel, au monde des païens. Dieu veut habiter au cœur du monde, tous les hommes sont appelés au salut.
Cette histoire a commencé le jour de la Pentecôte que nous allons célébrer bientôt, mais le travail de l’Esprit Saint va se prolonger dans le temps. Elle nous rappelle qu’aujourd’hui encore nous devons annoncer l’Évangile de Jésus-Christ à l’ensemble de l’humanité jusqu’aux extrémités de la terre.
Revenons à la première lecture de ce matin.
Paul est encore à Corinthe, il va y demeurer un an et demi. La communauté de Corinthe devait être nombreuse, mais elle donnera beaucoup de souci à l’apôtre. Il nous le dit dans la première lettre aux Corinthiens : « Frères, quand je me suis adressé à vous, je n’ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des êtres seulement charnels, comme à des petits enfants dans le Christ… Puisqu’il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine ? » (1 Cor 1,1-3)
Paul a déjà de l’expérience : il sait bien que parfois il peut évangéliser librement sans se faire apostropher, et que d’autres fois, une petite allusion peut le conduire en prison ou lui faire subir un mauvais traitement.
Il n’était sans savoir que les Juifs de Corinthe lui en voulaient. L’arrivée d’un nouveau proconsul nommée Gallion était bien vu par eux. ils comptaient sur l’indulgence de Gallion et se flattaient d’amener Paul à Gallion pour qu’il le livre entre leurs mains. Alors ils entraînent Paul au tribunal et s’efforcent de le présenter comme un danger pour la paix publique, un ennemi de la loi et du culte établi. On peut dire que leur accusation était habilement calculée.
Mais n’oublions pas que Paul était sous la protection du Seigneur qui lui avait dit dans une vision : «Parle et ne te tais point, parce que je suis avec toi».
Gallion, le nouveau proconsul était magistrat qui avait la faveur de la cour de Rome. On le décrit comme un esprit doux et pacifique, mais il n’aimait pas les Juifs. Considérant que l’accusation des Juifs n’avait rien à faire avec des actes illégaux, mais de questions touchant la loi des Juifs, il libère Paul avant même qu’il ait ouvert la bouche pour se défendre. L’échec des persécuteurs est complet. C’est le premier cas de cette sorte dans l’histoire de Paul qui sort victorieux de cette courte lutte.
Dieu montre à Paul qu’il vient lui-même à sa rescousse. Nous aussi, nous devons mettre notre confiance en l’Esprit qui nous dit : « Sois sans crainte, parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi. » Ces mots nous rappellent ceux par lesquels le Christ avait si souvent rassuré les disciples pendant son ministère.
