Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 Juin 2019 – N.D. de la Résurrection
( Matthieu 6, 24-34 )
« Je ne me vanterai que de mes faiblesses », vient de nous dire saint Paul.
Ce n’est pas habituel, on n’est jamais très fier de nos limites, de nos faiblesses
En fait, saint Paul avait beaucoup de raisons de se glorifier. Il avait eu des visions, des révélations divines, et tant d’autres grâces qui avaient accompagné son ministère et sa vie personnelle. Il ne veut surtout pas s’attribuer à lui-même ces grâces que Dieu lui avait accordées dans sa grande miséricorde. Il se sent même pécheur et rempli de limites et de faiblesses de toutes sortes. Il prétend même qu’un envoyé de Satan le harcèle pour l’empêcher de se surestimer. Quand il a demandé à Dieu de l’en écarter, celui-ci lui a répondu : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »
Dans nos vies, spontanément nous cherchons de la puissance et de la force et saint Paul vient nous dire que Dieu agit au cœur même de nos faiblesses et de nos limites. Un vrai mystère ! C’est pour cette raison que saint Paul veut se vanter de ses faiblesses parce que, c’est à ce moment-là, que la puissance de Dieu peut se manifester. C’est quand il a compris ça que saint Paul accepte les insultes, les contraintes, les persécutions et les angoisses. C’est au moment de sa faiblesse que Dieu le rend fort.
C’est tout un modèle de prophète, saint Paul ! Il évite de se mettre en avant. Il s’efface derrière le Christ pour annoncer l’évangile, réalisant que dans sa propre vie, il fait l’expérience du Christ en qui Dieu a donné toute sa puissance dans sa faiblesse.
« Ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse .»
Quand Jésus a-t-il accompli la mission que le Père lui avait confiée ? Quand a-t-il racheté l’humanité ? Quand a-t-il vaincu le péché ? C’est quand il est mort en croix, anéanti, après avoir crié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Jésus a été plus fort justement au moment où il était le plus faible. Il aurait bien pu faire naître le nouveau peuple de Dieu par sa seule prédication ou par quelques miracles de plus ou bien encore par un geste extraordinaire. Non ! Pas du tout !
C’est dans la souffrance qu’il a accompli l’œuvre de Dieu.
L’expérience de Jésus, comme celle de Paul, nous ouvre un horizon nouveau.
En reconnaissant et en acceptant notre faiblesse, nous pouvons nous abandonner pleinement au Père qui nous aime tels que nous sommes et qui désire nous soutenir sur notre chemin. « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »
Ce matin, nous faisons mémoire de la vierge Marie. Elle n’a pas eu la vie facile ; elle a connu la faiblesse au cours de sa vie. Près de la croix, elle a connu la souffrance de voir souffrir son enfant. Elle aussi s’est abandonnée au Père.
Je vais le souligner dans la préface tantôt en disant : « Elle a attendu dans la foi la résurrection de celui qu’elle avait conçu dans la foi. Forte de sa foi, elle a veillé jusqu’au jour de lumière et de vie… qui a rempli d’allégresse l’univers entier. »
On la désigne comme Notre-Dame de la Résurrection.
Reconnaissant nos limites, entrons dans la foi de Marie.
