Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 juillet 2024 – Ste Marie-Madeleine – Jean 20, 1.11-18
Alors que « c’était encore les ténèbres », dehors et dans son cœur sans doute, seule et sans peur, Marie-Madeleine se rend au tombeau de celui que son cœur aime. Elle est comme cette amoureuse de la première lecture qui cherche son bien-aimé pendant la nuit, partout en ville.
« Oui, je me lèverai, je tournerai dans la ville, par les rues et les places : je chercherai celui que mon âme désire ».
Le psaume vient compléter ce portrait en nous éclairant sur les sentiments de celui ou celle qui cherche Dieu avec ferveur. « Mon âme a soif de toi : après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau ».
Le message est clair ! Pour nous mettre en quête de Jésus, on ne peut pas se contenter de savoir qu’il nous aime et qu’il est mort pour nous; pour nous mettre en quête de lui, il faut avoir été brûlé au cœur, avoir été touché profondément par son amour comme Marie-Madeleine.
« Je te cherche dès l’aube », nous disait le psalmiste.
Avons-nous vraiment ce désir de découvrir jusqu’à quel point Dieu nous aime ?
Il peut nous arriver, comme Marie-Madeleine, d’être encore dans les ténèbres. Mais gardons espoir, notre recherche finira bien par être récompensée comme celle de ces deux femmes, celle de la première lecture et celle de l’Évangile. Toutes les deux, elles étaient dans la nuit, mais toutes les deux ont fini par trouver celui que leur cœur aime.
Pour allumer ce désir de Dieu ou pour le faire grandir en nous, on pourrait redire ce psaume pendant la journée.
On sait que les plus grands mystiques ont vécu parfois de longues périodes de désert c’est-à-dire des moments où ils avaient l’impression que Dieu était absent de leur vie, ce qui peut très bien nous arriver à nous aussi.
Un moine, au 13e siècle faisait la prière suivante :
« Femme, pourquoi pleures-tu ?
Qui cherches-tu ?
Celui que tu cherches, tu le possèdes et tu ne le sais pas ?
Tu as la vraie et l’éternelle joie, et tu pleures ?
Elle est au plus intime de ton être et tu cherches au-dehors.
Ton cœur est mon tombeau.
Je n’y suis pas mort, mais j’y repose vivant pour toujours. »
On a appelé Marie-Madeleine « l’apôtre des Apôtres » parce qu’elle est la première à rencontrer le Christ ressuscité, elle est la première à lui rendre témoignage devant les Apôtres.
Le pape François disait :
« Marie-Madeleine est un exemple d’une véritable et authentique évangélisatrice, c’est-à-dire d’une évangélise qui annonce le joyeux message central de la Pâque. »
Dom Armand Veilleux disait : « Si nous cherchons vraiment Dieu, nous entendrons un jour ou l’autre Jésus nous appeler par notre propre nom. Il nous appellera à une rencontre personnelle toujours plus intime avec lui. Et alors nous pourrons être nous aussi – et même nous devrons être nous aussi des témoins de la Résurrection, car c’est là la mission essentielle du chrétien. »
