Mgr J-C. Dufour- 22 juillet 2020 — Sainte Marie-Madeleine — Cantique 3,1-4 a et Jean 201.11-18

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 juillet 2020 — Sainte Marie-Madeleine — Cantique 3,1-4 a et Jean 201.11-18

 

« J’ai trouvé celui que mon âme désire ; je l’ai saisi, je ne lâcherai pas. »  Depuis longtemps, on a compris que le Cantique des Cantiques décrivait les liens qui existent entre Dieu et son peuple, Israël.   C’est toute l’histoire d’Israël qui est décrite dans ce livre. On voit Israël dans la quête de la jeune fiancée qui attend, questionne, cherche à savoir si quelqu’un en sait un peu plus afin de poursuivre la recherche de celui que son cœur aime.

C’est aussi notre histoire personnelle. Nous cherchons Dieu qui parfois se laisse deviner et que, d’autres fois, se fait même assez proche. Quand il semble s’éloigner, nous repartons à nouveau à sa recherche.

Mais peut-être qu’on le cherche aux mauvais endroits. Peut-être qu’on ne sait plus exactement qui nous cherchons et nous n’arrivons plus à le reconnaître. Mais quand les croyants trouvent enfin l’objet de leur désir, ils découvrent une paix intérieure qu’ils ne veulent plus jamais perdre.

J’aurais été très étonné de ne pas trouver au moins une citation du Cantique des Cantiques dans vos Constitutions et Normes. De fait, on trouve celle-ci : « Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui qui mène paître ses brebis parmi les lis. » (Osée 2,16) On y décrit le silence comme une réalité intérieure, comme une exigence de l’amour divin. On y dit encore qu’en temps de retraite, la contemplative aspire à des heures de plus grande solitude, à la manière de Jésus qui se retirait dans le désert pour laisser son Père lui parler dans un cœur à cœur.

Il me semble que c’est là qu’on retrouve Marie-Madeleine que nous fêtons aujourd’hui. Comme une fiancée inquiète, elle tente désespérément de retracer son amoureux. Elle cherche le corps de Jésus, celui qu’elle aime, celui à qui elle doit sa conversion, sa dignité retrouvée. Elle est venue au tombeau pour s’occuper de la dépouille de son maître, mais voilà qu’elle se rend compte qu’il est ressuscité comme il l’avait promis, qu’il est bien vivant. Elle doit vite se défaire de l’image qu’elle s’était faite de lui et le découvrir tel qu’il est vraiment, ressuscité.

Par voie de conséquence, une nouvelle mission lui est confiée : elle devient messagère de la Bonne Nouvelle qu’elle se hâte d’aller annoncer à ses disciples. Quand nous contemplons le Christ en croix, il importe que nous portions notre regard encore plus loin. Jésus est ressuscité ; il est vivant. Le Père l’a relevé d’entre les morts et il compte sur chacun et chacune de nous pour répandre son message.