Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 janvier 2020 – Marc 3,1-6
Un jour de sabbat, Jésus était venu à la synagogue, en ce lieu où le peuple se rassemble pour louer Dieu et renouer des liens de fraternité dans une prière commune. Mais il a vite compris que les pharisiens avaient une autre préoccupation, celle de lui tendre un piège. Il y avait là justement un homme à la main desséché, occasion rêvée pour le faire.
Jésus qui a vite compris provoque lui-même et sans tarder la confrontation. Il demande à l’homme qui a la main paralysée de se lever et de venir devant tout le monde, puis il pose la question : « est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien et de faire de mal, de sauver une vie ou de tuer. » À l’époque, on permettait la guérison si la vie du malade était en danger, mais ce n’était pas le cas de l’homme à la main paralysé, sa vie n’était pas en danger. À cette approche de la loi, Jésus oppose une façon positive d’interpréter la loi, à savoir l’obligation de faire le bien, ce qui était particulièrement vrai pour le jour du sabbat. Ce jour-là, chacun était invité à réorienter sa vie vers le Dieu de toute bonté. S’empêcher de faire le bien qui est à notre portée, c’est choisir de laisser le mal s’étendre, ce qui est contraire au sabbat. Les pharisiens, surpris de la répartie de Jésus qui vient de dénoncer leur étroitesse d’esprit, gardent le silence.
Leur attitude ne peut se fonder sur les Écritures qu’ils sont pourtant chargés d’enseigner dans la synagogue. Aveuglés par la haine, les pharisiens non seulement rompent avec la tradition de leurs pères, mais ils vont même faire alliance avec leurs frères ennemis — les partisans d’Hérode — pour voir ensemble comment faire périr Jésus.
N’accusons pas trop vite les pharisiens ; il y a peut-être en nous quelque chose qui leur ressemble. Pardon, Seigneur : ouvre mes yeux, guéris mon cœur de pierre, et donne-moi la force de choisir la vie en offrant le pardon et en cherchant la réconciliation, la paix et l’unité, comme il convient à des enfants d’un même Père. »
Cet évangile nous appelle à faire du bien, à faire le bien, en annonçant l’évangile avec audace, sans nous décourager, sans céder à la violence, y compris lorsque nous rencontrons l’hostilité.
Ce double message nous rejoint bien en ce jour où nous célébrons la messe pour l’Unité des chrétiens. Ça tombe bien avec l’évangile où on voit de grandes divisions. Jésus nous invite à vivre le pardon, à faire le bien sans relâche. Il apparaît ainsi comme un facteur d’unité. C’est en nous regroupant autour du Christ que les chrétiens divisés feront l’Unité.
