Mgr J-C. Dufour – 22 avril 2024 – Jean 10, 1-10

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 avril 2024 – Jean 10, 1-10

 

Depuis des siècles, les hommes ont dressé des murs entre eux : la grande muraille de Chine, le mur de Berlin.  Aujourd’hui encore, on voit toujours des murs qui se dressent entre pays, des murs d’incompréhension entre les personnes.

Notre histoire sainte nous rappelle aussi que les hommes ont souvent fermé la porte à Dieu.  Les pharisiens avaient fermé la porte à bien des personnes.  Mais il y avait quelque chose de bien plus profond.  Pour eux, Dieu était tellement grand, tellement tout autre qu’il y avait un mur infranchissable entre lui et les êtres humains.

Et Jésus vient dire aux pharisiens : « Moi, je suis la porte des brebis ».
On peut trouver que c’est une drôle d’expression, mais c’est riche de sens.

Jésus nous annonce qu’il vient ouvrir une brèche, percer une grande ouverture dans le mur qui nous sépare de Dieu pour nous permettre de passer de l’autre côté, du côté des autres et du côté de Dieu.
Les ouvertures faites sur le corps de Jésus, ses mains et ses pieds transpercés, son cœur ouvert par la lance d’un soldat, nous disent encore qu’il est l’ouverture, la porte qui nous ouvre à un monde extraordinaire.
La fête de Pâques vient nous rappeler que Jésus a fait sauter le mur le plus infranchissable qui soit, celui de la mort.

Jésus est la porte ouverte à l’étranger, au réfugié, au pauvre comme au riche, à la personne handicapée comme à celle qui jouit de toutes ses facultés.
Il est la porte ouverte à l’inconnu, à la brebis égarée et à tous ceux et celles qui sont en quête de sens pour leur vie.  Jésus nous ouvre la porte sur l’immense tendresse du Père.

Encore faut-il accepter de passer par lui, comme il nous le dit !  « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage », c’est-à-dire un endroit où la vie est abondante.

Passer par Jésus, ça veut dire aller vers lui, lui tendre la main, prendre sa main,
le laisser nous tirer vers lui, tout près de lui, au-delà du mur qui nous sépare de Dieu.
Passer par Jésus, ça veut dire l’écouter, lui faire confiance,
suivre son exemple, vivre comme lui.

En nous disant qu’il est « la porte des brebis », Jésus nous rappelle notre vocation fondamentale de chrétiens :

être des hommes et des femmes qui laissent Jésus ouvrir les frontières de leur cœur.
Il nous appelle à devenir des portes comme lui,
à libérer les hommes des murs qui les emprisonnent,
à être des semeurs d’amour,à permettre à ceux qui nous entourent d’être heureux,
de pouvoir vivre pleinement.