Mgr J-C Dufour-21 septembre 2018-Luc 2, funérailles de s. Bernadette-de-l’Immaculée–sjm

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 21 Septembre 2018

 Funérailles de s. Bernadette-de-l’Immaculée, sjm.

Vous ferez cela en mémoire de moi. »

Oui, nous sommes là pour faire mémoire de Jésus et de tout ce que son Esprit a réalisé en s. Bernadette.

Son départ entraîne tous ces souvenirs qu’on a emmagasinés dans la mémoire de notre cœur. C’est vrai pour ses proches qui sont ici ce matin, qui repassent dans leur mémoire ce qu’elle a été pour eux et les événements vécus avec elle. C’est vrai pour la communauté !
J’ai reçu des notes sur S. Bernadette écrites par S. Marie du Sacré-Cœur en 1979, les paroles d’un chant qu’elle a composé en 1965 où elle écrit « La vie n’est qu’un passage à un bonheur sans fin » ; j’ai lu la notice nécrologique où on fait état brièvement du chemin parcouru par S. Bernadette : autant de documents que vous allez conserver dans vos archives qui sont la mémoire de la communauté.
J’ai mes propres souvenirs aussi de mes rencontres avec elle. Elle aimait me dire que sa famille avait vécu dans un petit village, entourée de familles protestantes sans oublier d’ajouter : « Vous savez, c’était du bon monde aussi. »

 

Si j’insiste un peu sur ce qu’on a pu garder dans la mémoire de notre cœur, c’est pour nous rappeler que le Bon Dieu a une bonne mémoire, lui aussi, qu’Il se souvient très bien de S. Bernadette, de sa foi et de son espérance, des événements qui ont marqué sa vie, de ses années de prières et d’adoration comme Servantes de Jésus Marie. Rappelons-nous que le Bon Dieu a une mémoire qui a des couleurs d’avenir, une mémoire qui a des conséquences sur l’avenir de s. Bernadette et le nôtre.

 

Par exemple, Dieu avait dit à Noé : « Je me souviendrai de mon alliance avec toi. » Et il s’en est souvenu pendant des siècles. Il se souvient de son peuple en exil et le ramène dans son pays. Quand Jean-Baptiste vient au monde, son père s’écrie : « Il s’est souvenu de son alliance sainte. » Et Marie chantera dans son Magnificat : « Il est venu en aide à Israël, en souvenir de sa bonté. »

 

« Vous ferez cela en mémoire de moi. »
En demandant à ses disciples de reproduire les gestes de son dernier repas avec eux, Jésus veut qu’ils se souviennent de lui. Il avait sans doute remarqué que ses disciples avaient du mal à se souvenir des œuvres étonnantes qu’il avait accomplies devant eux. Par exemple, après la deuxième multiplication des pains Jésus leur dit :
« Vous ne comprenez pas encore ? Vous ne vous rappelez pas des cinq pains pour cinq mille personnes et combien de paniers vous avez emportés ? » (Matthieu 16,9)
On peut avoir bien du mal à garder, dans notre tête et dans notre cœur, ce que Dieu nous enseigne dans sa Parole. Ce n’est pas pour rien que Jésus vient nous dire, à chaque messe,
« Vous ferez cela en mémoire de moi. »
Je veux que vous vous souveniez de moi, de mes gestes, de mes paroles, de mes promesses.

 

Souvenons-nous des promesses faites à S. Bernadette, le jour de son baptême, le 17 avril 1921, à Maniwaki en lui annonçant qu’un jour elle aurait part à l’héritage de Jésus, celui de la résurrection.
Souvenons-nous de cette promesse de résurrection que Jésus nous fait à plusieurs reprises en disant :
« La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui croit au Fils obtienne la vie éternelle ; et moi, je les ressusciterai au dernier jour »
Dans l’évangile, il vient de nous dire : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi et qu’ils contemplent ma gloire. » (Jn 17,24)
Ce n’est pas un souhait pieux ! Jésus vient de nous dire : « Je veux qu’ils soient avec moi », je veux que s. Bernadette soit avec moi et qu’elle contemple ma gloire.

 

À la veille de sa mort, il disait à ses disciples : « Je vous ai dit tout cela pour qu’une fois l’heure venue, vous vous souveniez que je vous l’avais dit »
C’est pour ça que nous sommes réunis ce matin, pour nous souvenir des paroles de Jésus et les mettre dans notre cœur, pour raviver le don de Dieu qui est en nous comme disait saint Paul à son ami Timothée.

 

« Vous ferez cela en mémoire de moi. »
La mémoire du Bon Dieu, c’est la promesse d’un avenir heureux, d’un avenir sans fin qu’on a toujours du mal à imaginer.
En étant bien conscients des promesses du Seigneur, prions-le avec confiance pour S. Bernadette, pour les membres de sa famille, pour la communauté, pour chacun et chacune de nous.
En pensant à S. Bernadette, faisons nôtres les mots de saint Paul à Timothée :
« Tu es toujours présent, jour et nuit, dans mes prières, et pour toi je rends grâces à Dieu… j’ai un très vif désir de te revoir, afin d’être rempli de joie. »