Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 mai 2020 – Actes des Apôtres 18,1-8
Ayant fondé une petite communauté à Athènes, Paul poursuivant son voyage missionnaire se rend dans une autre ville, à Corinthe, capitale d’une province romaine. C’est une ville renommée pour ses richesses, son développement scientifique, mais aussi réputée pour la corruption de ses mœurs et pour son luxe.
Nous le voyons arriver dans cette ville luxueuse comme un simple ouvrier. Là, il fait la rencontre d’un couple juif, Aquila et Priscille qui venait d’arriver de Rome, expulsés par l’empereur Claude comme tous les Juifs d’ailleurs. Ils étaient fabricants de tentes comme lui. Quelle que soit leur instruction, tous les juifs devaient apprendre un métier manuel. Paul était juif, bien instruit et pharisien par surcroît, il avait appris ce métier. Il travaillait de ses mains pour suffire à ses besoins, pas seulement à Corinthe, mais aussi ailleurs.
C’était une heureuse rencontre. Devenus chrétiens, Priscille et Aquilas sont devenus particulièrement chers à l’apôtre, allant jusqu’à exposer leur vie pour lui dans une circonstance inconnue. Dans l’épître aux Romains, saint Paul dira : « Saluez de ma part Priscille et Aquilas, mes compagnons de travail en Jésus Christ, eux qui ont risqué leur tête pour me sauver la vie ; je ne suis d’ailleurs pas seul à leur être reconnaissant, toutes les Églises des nations le sont aussi. Saluez l’Église qui se rassemble dans leur maison. » (Rm 16,3-5)
Selon son habitude, Paul commence par se rendre à la synagogue le jour du sabbat. Mais au moment où Silas et Timothée arrivent pour le rejoindre, saint Paul se consacrera entièrement à la Parole. Paul dira à Timothée : il y a des gens qui vont aller au gré de caprice, ils aiment entendre une parole qui leur chatouille les oreilles, mais cette parole demeure sans effet, tandis que la Parole de Dieu appliquée par le Saint Esprit travaille la conscience, amène devant Dieu et produit le besoin d’un sauveur.
Dans la synagogue de Corinthe, saint Paul en profitait pour leur parler de Jésus et le présenter comme le Messie. « Devant leur opposition et leurs injures, Paul secoua ses vêtements et leur dit… désormais, j’irai vers les païens ». Saint Paul souffre de devoir leur parler ainsi. Mais, heureusement, « Crispus, le chef de la synagogue crut au Seigneur, avec toute sa maison. Beaucoup de Corinthiens, apprenant cela, devenaient croyants et se faisaient baptiser ».
Le Seigneur encouragea Paul. Dans cette ville dissolue, il se plaira à rassembler un grand nombre de croyants. Les deux épîtres aux Corinthiens nous le confirment. Preuve que ni les richesses ni les plaisirs dans cette ville où rien ne manquait ne peuvent satisfaire les vrais besoins du cœur de l’homme.
On ne peut imposer la Bonne Nouvelle. On peut seulement la proposer, en donner le goût. Souvent, c’est quand on croit que tout a échoué qu’au contraire, tout commence !
