Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 Janvier 2019
( Marc 2, 18-22 )
« Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant qu’ils ont l’époux avec eux. »
On dirait que cette petite phrase de Jésus vient nous éclairer sur l’évangile d’hier, les noces de Cana. Les invités avaient presque été obligés à jeûner parce qu’il n’y avait plus de vin, mais comme l’époux était avec eux, c’était impensable.
Nous savons que Dieu veut notre bonheur.
Dans cette parole de Jésus à l’adresse des disciples de Jean-Baptiste et des pharisiens, on peut lire l’intention profonde de Dieu, nous amener à la noce, à la table du banquet de son royaume. Et ce n’est pas pour demain qu’il nous invite à une joie profonde, à la paix de l’âme, mais pour aujourd’hui. L’époux vit au milieu de nous dans le banquet de l’Eucharistie, il vit en nous par la grâce, il est continuellement avec nous.
Alors, loin de nous les angoisses, car Dieu est paix ; loin de nous le découragement, car Dieu est espérance ; loin de nous le chagrin, car Dieu est consolation.
Nous aurons toujours des difficultés, bien sûr, notre sensibilité en souffre, mais quand Dieu vit en nous, jamais la paix de l’âme ne peut se perdre.
Les deux petites paraboles qui suivent sont dans la même ligne, dans la ligne d’un projet de Dieu pour nous rendre heureux.
D’abord la petite parabole du vêtement.
Ça ne fait pas partie de mon expérience, mais je comprends qu’il y a deux manières de raccommoder. Ou bien, on raccommode du vieux avec de l’usagé. Alors, il n’y aura rien de neuf, et le vêtement risque de ne pas faire long jeu. Ou bien, on raccommode le vieux avec un morceau neuf et alors on court le risque de plus grandes déchirures. Jésus nous laisse entendre que ça ne donne rien de raccommoder. Vaut mieux y renoncer et se procurer un vêtement tout neuf, c’est-à-dire à revêtir l’évangile qui n’est pas fait pour du rafistolage. Et alors, nous entrerons dans la joie de la noce.
Nous avons un petit peu la même chose dans la petite parabole du vin nouveau et des outres.
Disons tout de suite que le vin nouveau, c’est l’évangile et que les outres sont nos cœurs. On voit rapidement que ce que Jésus retient du vin nouveau, c’est sa force de fermentation, symbole du Règne de Dieu dans nos cœurs. Et si la fermentation du vin nouveau est si forte, il faut bien des outres capables de résister à une grande pression.
« À vin nouveau, outres neuves ! »
Seule la grâce de Dieu peut nous donner les deux, le vin nouveau et des outres neuves.
Ce qui nous revient, c’est de laisser le Seigneur transformer les outres de nos cœurs, c’est d’accepter à longueur de vie la pression du vin, c’est-à-dire de l’évangile, de laisser vieillir le vin de l’évangile dans nos cœurs aussi longtemps que Dieu le voudra.
Les gens qui se lancent dans la production du vin savent très bien que ça prend du temps, beaucoup de temps, des années pour que le vin nouveau devienne du bon vin. Pendant tout ce temps, ils espèrent obtenir un bon vin.
Ainsi en est-il de l’évangile ! Il faut le laisser vieillir dans nos cœurs, mais comme le vin nouveau, il demeure en nous espérance de bon vin, espérance de sainteté.
