Mgr J-C. Dufour – 21 février 2021 -1er dimanche du Carême – Genèse9, 8-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 21 février 2021 – 1er dimanche du Carême – Genèse9, 8-15

 

Mercredi dernier, nous sommes entrés en Carême !
Nous avons entendu le prophète Joël nous dire : « Revenez à moi de tout votre cœur », un véritable cri d’amour de Dieu, le cri déchirant d’un Père qui souhaite le retour de son enfant. « Revenir au Seigneur de tout notre cœur » ? Ça veut dire prendre un chemin qui touche le cœur, le lieu le plus intime en nous, le siège de nos sentiments, le lieu où mûrissent nos choix, nos comportements. Nous avons demandé au Seigneur de nous donner un cœur capable d’aimer.

 

Toutes les premières lectures des dimanches du carême vont nous aider à découvrir le Dieu de l’Alliance :
Alliance avec le monde,
Alliance avec Abraham,
Alliance avec le peuple chrétien,
Alliance restaurée,
Alliance inscrite dans le cœur.
On ne peut pas vivre un Carême sans chercher à découvrir le Dieu de l’Alliance, sans chercher le Christ de Pâques.

 

Les fiancés nous diraient que l’Alliance est cet anneau qu’ils vont échanger le jour de leur mariage. Cet anneau leur rappellera qu’ils ont pris une décision qui ressemble à celle-ci : « Ton bonheur, je le prends en charge avec toi, et voici le mien entre tes mains. »
Le Dieu de l’Alliance, c’est celui qui vient vers nous, celui qui prend en charge notre bonheur et la réussite de notre vie. Ce n’est pas nous qui nous engageons les premiers, c’est lui qui fait les premiers pas.

 

Par exemple, pour les anciens, l’arc était l’arme de guerre la plus importante. En nous racontant la première Alliance de Dieu avec l’humanité, la première lecture nous dit que le signe de cette Alliance est l’arc-en-ciel ; Dieu accroche au firmament son arc de guerre ; fini la guerre. C’est une Alliance de Paix, une féérie de couleur qui veut nous guérir à tout jamais de l’envie de tout détruire. Ce Dieu de l’Alliance nous invite à déposer nos arcs de guerre, et à recommen­cer à vivre dans une coexistence harmonisée.

 

Jésus nous dit aujourd’hui que les temps sont accomplis, que le Règne de Dieu est arrivé. Il en donne des signes : il guérit les aveugles, des boiteux, des paralysés. Il déclare heureux les pauvres, les artisans de paix, les assoiffés de justice.

 

En Jésus, jamais Dieu n’a été si proche de nous.
Ce n’est pas une histoire ancienne. Jésus ressuscité vit avec nous pour faire progresser le Royaume et nous en avons aujourd’hui des signes : quand une personne aveuglée par les préjugés devient lucide et voit l’essentiel ; quand une personne paralysée par l’égoïsme devient capable de marcher vers les autres ; quand quelqu’un bien nanti accepte de partager ses biens ; quand l’offensé pardonne. Dans ces personnes, Dieu se manifeste tout proche et il établit son Règne.

 

À l’annonce de la venue du règne de Dieu, que devons-nous faire ?
Jésus donne une réponse claire : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».

 

L’essentiel de la conversion n’est pas un catalogue de choses à faire, mais un changement profond de notre manière d’être, de penser et d’aimer. Nous convertir, c’est centrer notre cœur sur Dieu, lui donner la première place dans nos vies, le laisser être Dieu en nous. En d’autres mots, nous convertir consiste à devenir « amoureux » de Dieu, à être habité par lui, à être « fou » de lui.

 

Lorsque le cœur est habité par une personne aimée, toute la vie est transformée. L’amour donne des ailes. On est prêt à tout faire. Saisis par Dieu et certains de la vérité de sa Parole, nous saurons tendre la main pour aider celui qui crie au secours, encourager celui qui est écrasé par l’épreuve, partager nos richesses et nos talents.
Laissons-nous aimer de Dieu, et notre vie changera.

 

Je souhaite que ce temps du carême soit pour chacun et chacune d’entre nous un temps qui nous permettre de redécouvrir le Dieu de l’Alliance, un temps fort de conversion, de progression dans la confiance à la Bonne Nouvelle de Jésus.
Dieu nous offre de vivre en alliance avec lui, puissions-nous nous tourner vers lui et lui dire « Oui » de tout notre cœur.