Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 décembre 2022 – Luc 1, 39-45
Dans l’évangile ce matin, Marie est en voyage, en route pour visiter Elisabeth sa cousine, imaginez vous que nous marchons avec elle, à ses côté.
Elle a sûrement quelque chose à nous dire. Écoutons ce qui vient de son coeur…
Qu’une toute jeune femme décide de parcourir une route dangereuse de 130 kilomètres pour s’en aller dans une région montagneuse pour aller aider sa vieille cousine enceinte de 6 mois jusqu’au moment de l’accouchement, je pense qu’on peut trouver que c’est très beau et très bien.
On ne peut en rester là!
Je pense qu’il faut aller beaucoup plus loin.
Dieu vient de faire sa demeure en elle et la met tout de suite en mouvement; il la fait sortir pour partager sa joie. Marie, c’est la visitée de Dieu qui rend visite à sa cousine Élisabeth; Marie, c’est la femme rencontrée par le messager de Dieu qui part à la rencontre de sa cousine. C’est la façon d’agir de notre Dieu.
Il y a quelques jours, nous avons célébré la fête de l’Immaculée Conception.
Nous avons fêté Marie qui, avant même sa naissance, a été la créature la plus graciée de Dieu, la femme qui a le plus bénéficié de la miséricorde de Dieu.
C’est la même miséricorde de Dieu qui la fait entrer en visitation. Et cette miséricorde de Dieu, en Marie, rejaillit d’abord sur sa vieille cousine.
Elle accomplit un geste de respect envers sa vieille cousine qui est enceinte.
Plus encore, elle veut manifester la joie qui l’habite; elle a hâte de lui apporter la bonne nouvelle, de lui dire Celui qu’elle porte en son sein.
Ce mystère de miséricorde qui a rejailli sur Élisabeth rejaillit aussi sur chacun et chacune de nous.
Suite au « Oui » de Marie, nous sommes graciés de Dieu qui a voulu, dans sa bonté, que nous soyons pour lui des fils adoptifs.
Comme Marie, nous sommes transformés par la grâce de Dieu. Elle l’avait déjà compris puisqu’elle chante « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. » (Luc 1,49-50)
Comme Marie, allons porter la miséricorde de Dieu ailleurs. Ça fait partie de notre identité de chrétiens.
Partout dans la bible, les personnes que Dieu rencontre se mettent toujours en marche vers les autres.
Le pape François disait : « Ne pas marcher, ça ne fait pas de mal, mais ne fait pas de bien non plus. »
Il y a toujours des croix quand on marche, mais il y a aussi des résurrections.
Après avoir parcouru un long chemin, Marie s’entend dire pour la première fois qu’elle est enceinte de Dieu. « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi. »
Alors Marie montre toute sa joie en entonnant un vrai chant de résurrection. « Il élève les humbles ».
À la fin de ce temps de l’Avent, plus que jamais, laissons-nous visiter par Dieu avec la conviction profonde qu’il nous aime, qu’il nous redit toute sa miséricorde.
Comme Marie, marchons malgré les croix qu’on peut rencontrer.
Marchons pour en arriver à rencontrer Jésus dans les autres, pour leur dire notre affection et notre tendresse, et pour leur dire, comme Marie, la joie que nous avons d’avoir été visités par Dieu et de l’être encore dans cette eucharistie.
En marchand avec Marie aujourd’hui écoutons ce qu’elle a à nous dire!
