Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 23 décembre 2020 – Luc1, 57-66
À la veille de célébrer la belle fête de Noël, la liturgie nous propose aujourd’hui de célébrer la naissance de Jean-Baptiste, surtout qu’il a un lien de parenté entre lui et Jésus. À l’occasion de l’annonce à Zacharie dans le Temple, l’ange lui avait dit de l’appeler Jean. Mais, au moment de la circoncision, avant même que Zacharie puisse parler, c’est Élisabeth qui déclare « Il s’appellera Jean. » Les gens sont surpris ! Aucun membre de la famille ne portait ce nom. Ordinairement, on devait lui donner le nom de son père ou d’un proche parent. Les voisins et la famille sont surpris ; ils se demandent que sera cet enfant. Ils voient là une intervention de Dieu.
En appelant leur enfant d’un nom qui lui vient de Dieu, on peut comprendre que Zacharie et Élisabeth ont accepté cette invitation même s’ils ne savent pas encore ce qu’elle sera exactement.
Le nom donné à quelqu’un chez les Juifs avait une grande importance. En Hébreu, Jean signifie « Dieu fait grâce ». Ça devient comme un programme, un contrat à remplir. Le nom de Jean est toute une annonce ; il nous dit que des temps nouveaux sont arrivés : Dieu fait grâce à notre terre. Il a déjà fait grâce à Zacharie et Élisabeth, alors qu’ils n’espéraient plus avoir d’enfants. Dieu fait grâce à notre monde en nous annonçant Jésus. Il fait grâce à chacun et chacune de nous.
Ça a beaucoup de conséquences. Si Dieu fait grâce, il nous appelle à faire grâce nous aussi. Qui sommes-nous pour juger, critiquer ou condamner ? Combien de paroles sont dites à tort ? Combien de paroles créent une ambiance détestable dans notre monde ? Si nous voulons que Dieu nous fasse grâce, il faut vraiment en tirer les conséquences, être logique avec notre affirmation.
Nous savons très bien que Jean-Baptiste avait comme mission de préparer le chemin du Seigneur. Nous sommes invités à faire comme lui, à préparer le chemin du Seigneur partout où nous sommes. Préparer le chemin du Seigneur, c’est faire disparaître toutes les pierres, toutes les embûches ; c’est aplanir les montagnes d’égoïsme, combler les fossés que nous avons creusés par notre indifférence.
Préparer le chemin du Seigneur, c’est plus encore. C’est nous libérer de nos soucis, de nos préoccupations, de nos indifférences. Préparer le chemin du Seigneur, c’est surtout adhérer au Christ, à sa Parole. Préparer le chemin du Seigneur, c’est apporter de la lumière dans un monde où la noirceur règne, c’est faire croître l’amour là où il y a de la haine et de l’injustice.
Demandons au Seigneur de nous aider à être des Jean-Baptiste. Faisons nôtres les mots de la prière d’ouverture :
« Ton fils… s’est lié pour toujours à notre humanité : qu’il montre ta miséricorde aux pauvres serviteurs que nous sommes. »
