Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 décembre 2020 – Luc1, 39-45
Nous venons de vivre deux annonciations : l’annonciation à Zacharie dans le temple, et l’annonciation à Marie, six mois plus tard. C’est à ce moment-là que l’ange annonce à Marie : « ta parente a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile ».
Il n’en fallait pas plus pour que Marie se mette en route, avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle a beaucoup marché pour rejoindre Élisabeth. Pourquoi un tel empressement ? Zacharie, lors que l’ange lui apparût lui dit : « Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. » Elle sait que celle-ci a besoin d’aide, à tous les niveaux. Marie ne se préoccupe pas de sa propre fatigue. Elle sait que celle-ci a besoin d’elle, à tous les niveaux. Il lui fallait une aide, mais aussi une personne à ses côtés pour communier au miraculeux bonheur de la vie. « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. » (Luc 1,25)
Marie vient d’apprendre elle aussi qu’elle sera mère. L’ange lui avait dit : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus », un fils qui régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. Elle veut sans doute partager sa joie. Elle vient rencontrer Élisabeth avec Jésus, ce qui provoque la joie d’Élisabeth et même de Jean-Baptiste qui tressaillit en elle. C’est la première rencontre entre Jésus et Jean-Baptiste.
Celle qui est partie avec empressement rencontrer sa cousine n’a pas changé. Si nous l’appelons, elle court vers nous avec Jésus en elle et à ses côtés. Bien sûr, nous ne sommes pas Élisabeth et Marie n’est pas notre cousine. Elle est bien plus, puisque son Fils sur la croix l’a voulu comme notre Mère.
Parfois, les gens disent qu’ils ont eu de la belle visite, parce que leur visite savait partir. Évidemment, ce n’est pas le cas ici. La Visitation, c’est quand une personne vient vers nous avec Jésus en elle. La visitation, c’est quand nous allons vers l’autre pour l’aider, mais aussi pour lui porter ce Dieu d’Amour et le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Quand l’Amour s’approche de nous, c’est extraordinaire. Ce n’est pas nous qui aimons, mais c’est toujours lui en nous.
