Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 21 Décembre 2018
( Luc 1, 39-45 )
Une scène toute simple aujourd’hui et pourtant, profonde et engageante.
« Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse » rendre visite à sa cousine.
Est-ce parce que sa vieille cousine est enceinte ?
Sans doute, mais je pense qu’il faut aller beaucoup plus loin. Dieu vient de faire sa demeure en elle et la met tout de suite en mouvement, il la fait sortir pour partager sa joie.
Marie, c’est la visitée qui rend visite. Marie, c’est la femme rencontrée qui part à la rencontre. C’est la façon d’agir de notre Dieu.
Il y a quelques jours, nous avons célébré la fête de l’Immaculée Conception. Nous avons fêté Marie qui, avant même sa naissance, a été la créature la plus graciée de Dieu, la femme qui a le plus bénéficié de la miséricorde de Dieu. C’est cette miséricorde de Dieu qui la met en mouvement, la même miséricorde qui fait entrer en visitation. On le voit bien dans l’évangile.
La miséricorde de Dieu, en Marie, rejaillit d’abord sur sa vieille cousine. Marie accomplit un geste de respect envers cette femme avancée en âge et enceinte. Elle s’empresse de lui apporter la bonne nouvelle, Celui qu’elle porte en elle, en manifestant la joie qui l’habite.
Ce mystère de miséricorde révélé en Marie rejaillit aussi sur chacun et chacune de nous.
Suite au « Oui » de Marie, nous sommes graciés de Dieu qui a voulu, dans sa bonté, que nous soyons pour lui des fils adoptifs. Comme Marie, nous sommes transformés par la grâce de Dieu. Elle l’avait déjà compris puisqu’elle chante « Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. » (Luc 1,49-50)
On peut voir dans cette scène de l’évangile un chemin que Dieu trace pour nous. Dieu nous rend visite, nous fait bénéficier de sa miséricorde pour nous mettre en chemin comme Marie, pour que nous allions porter sa miséricorde ailleurs. Nous mettre en route pour faire fleurir la miséricorde de Dieu, ça fait partie intégrante de notre identité chrétienne. Partout dans la bible, les personnes que Dieu rencontre se mettent toujours en marche vers les autres.
Le pape François disait : « Ne pas marcher ne fait pas de mal, mais ne fait pas de bien non plus. »
Marie a dû parcourir 130 kilomètres pour aller porter son aide à sa vieille cousine enceinte, sûrement pas une marche facile.
Il y a toujours des croix quand on marche, mais il y a aussi des résurrections.
Après avoir parcouru un long chemin, Marie s’entend dire pour la première fois qu’elle est enceinte de Dieu. « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi. »
Alors Marie montre toute sa joie en entonnant un vrai chant de résurrection. « Il élève les humbles ».
À la fin de ce temps de l’Avent, plus que jamais, laissons-nous visiter par Dieu avec la conviction profonde qu’il nous aime, qu’il nous redit toute sa miséricorde. Comme Marie, marchons malgré les croix qu’on peut rencontrer. Marchons pour en arriver à rencontrer Jésus dans les autres, pour leur dire notre affection et notre tendresse, et pour leur dire, comme Marie, la joie que nous avons d’avoir été visités par Dieu et de l’être encore dans cette eucharistie.
