Mgr J-C. Dufour- 21 avril 2020 — Actes des Apôtres 4.32-37

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 21 avril 2020 — Actes des Apôtres 4.32-37

 

« C’est avec une grande force que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection de Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. » 

C’est la phrase qui explique tout le reste.   L’Esprit Saint qui répandait une grâce abondante sur la communauté de Jérusalem et qui ainsi rendait ses membres capables de vivre l’unité, l’amour, et le partage fraternel, et ce au jour le jour.

Cette première communauté de Jérusalem nous est donnée en exemple aujourd’hui. Elle avait mis en œuvre ce que Jésus disait à ses disciples avant de mourir ; il les invitait à vivre dans l’amour et l’unité pour faire de nouveaux disciples : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Un père de l’Église, Tertullien, parlant de cette même communauté, disait de ceux qui en faisaient partie : « Voyez comme ils s’aiment ! »     Saint Luc avait déjà dit quelque chose de semblable au début des Actes des Apôtres : « ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. » (Ac 2, 47)

Il faut bien admettre qu’une communauté comme celle-là, belle et rayonnante, ça donne envie. Ce n’était pas un nouveau rêve! Déjà le psaume 132 nous le laissait entrevoir :

« Oui, il est bon, il est doux pour des frères
de vivre ensemble et d’être unis !
On dirait un baume précieux…
On dirait la rosée de l’Hermon
 qui descend sur les collines de Sion.
C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction,
 la vie pour toujours. »

 Une belle communauté, ça donne envie d’en faire partie. Elle attire ! Ceux qui en font partie sont vraiment heureux  de voir que d’autres désirent en faire partie. C’est à partir de cette réalité que le pape François rappelait que l’Église est missionnaire, qu’elle évangélise non pas par prosélytisme, mais par attraction.

« et une grâce abondante reposait sur eux tous ». 

Oui, il faut bien la grâce.  Les prophètes ne cessaient pas de dire que tout ce que nous possédons est une grâce, un cadeau de Dieu, même la récolte  qu’on considère comme un cadeau. De la même manière, ils prêchaient aussi que toute personne est une sœur, un frère, un cadeau de Dieu. C’est pourquoi par exemple le prophète Isaïe pouvait dire : partage ton pain avec l’affamé, les pauvres sans-abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu’un nu, tu le couvriras. »  (Is 58,7) Ça fait penser à un évangile connu.

Saint Luc constate que ce que les prophètes ont proclamé est en train de se réaliser, que ce qui était annoncé dans les Écritures est en train de s’accomplir, que les croyants sont tous réellement sœurs et frères.   Alors c’est une vraie vie de famille qui s’instaure et, alors, on peut tout mettre en commun, nous sommes frères et sœurs.