Mgr J-C. Dufour – 20 novembre 2020 – Prière d’ouverture

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE :  20 novembre 2020 – Prière d’ouverture

 

« Pour ceux qui t’aiment, Seigneur, tu as préparé des biens que l’œil ne peut voir. »  Je me suis dit que ça valait la peine de méditer ces premiers mots de la prière d’ouverture.   Ces mots sont empruntés à la première lettre aux Corinthiens où Saint Paul nous dit : « Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. » (1 Cor 2,9)

 

Dans les quelques versets qui précédent cette phrase, saint Paul nous dit que la sagesse de Dieu a d’abord été cachée monde, que les grands de ce monde, que les princes de ce monde ne connaissaient pas la sagesse de Dieu, parce que, s’ils l’avaient connu, ils n’auraient pas crucifié Jésus. Autrement dit, l’homme qui se base sur ses seules capacités ne peut pas comprendre cette sagesse.   Pour lui, c’est pure folie. Au contraire l’homme qui accueille ce qui vient de l’Esprit de Dieu en arrive, lui, à comprendre.

 

Par la réflexion, le raisonnement et l’expérience, on arrive à connaître humainement, mais c’est très différent pour les vérités de Dieu. Elles ne peuvent être saisies par la réflexion, le raisonnement et l’expérience parce qu’elles sont révélées par le Saint-Esprit à ceux qui aiment Dieu, à ceux qui le recherchent d’un regard pur et sans hypocrisie. C’était bien dit au début de la prière d’ouverture : « Pour ceux qui t’aiment, Seigneur », ou par saint Paul qui écrivait, « ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé ».

 

On a un bel exemple de tout cela chez le vieillard Syméon. Lui que l’évangile présente comme « un homme juste et religieux » déclare, avec Jésus dans ses bras « Mes yeux ont vu le salut. »  Parmi tous les gens qui étaient dans le Temple ce jour-là, il est le seul qui a vu en Jésus le Sauveur. Et qu’est-ce qu’il a vu : un petit enfant, un enfant fragile. Mais il a vu le salut parce que l’Esprit saint le lui avait révélé. Il pouvait partir en paix ; il avait vu la grâce qui vaut plus que la vie.

 

Je vous lis ce que disait le pape François aux personnes consacrées :

« Même vous, chers frères et sœurs consacrés, vous êtes des hommes et des femmes simples qui ont vu le trésor qui vaut plus que tous les avoirs du monde. Pour lui, vous avez laissé des choses précieuses, comme les biens, comme fonder votre famille. Pourquoi l’avez-vous fait ? Parce que vous êtes devenus amoureux de Jésus, vous avez vu tout en lui et, captivés par son regard, vous avez laissé le reste. La vie consacrée est cette vision. C’est voir ce qui compte dans la vie. C’est accueillir le don du Seigneur les bras ouverts, comme fit Syméon. Voici ce que voient les yeux des consacrés : la grâce de Dieu reversée dans leurs mains. La consacrée est celle qui, chaque jour, se regarde et dit : “tout est don, tout est grâce”. Chers frères et sœurs, nous ne méritons pas la vie religieuse, c’est un don d’amour que nous avons reçu. »[1]

 

[1] XXIVe journée mondiale de la vie consacrée