Mgr J-C. Dufour 20 mai 2024 – Vierge Marie, Mère de l’Église – Jean 19, 25-27

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 20 mai 2024 – Vierge Marie, Mère de l’Église – Jean 19, 25-27

 

Je pense que mon homélie va être un peu plus longue que l’évangile qui contient trois petits versets seulement et pourtant, quelle richesse!

L’évangile commence en nous disant : « Près de la croix de Jésus… ».
On ne peut pas se tromper.  Nous sommes plongés tout de suite dans les douleurs de la Passion et dans le secret de la mort de Jésus.  Saint Jean nous ramène au bord du gouffre, d’une chute terrible; c’est la fin de toute espérance pour les disciples.
On comprend les disciples d’Emmaüs qui s’en retournaient chez eux et qui disent à l’inconnu qui s’était joint à eux : « Nous  espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. »

 Et l’évangile continue : « Près de la Croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas et Marie-Madeleine. »
Vous l’avez remarqué!  Ces femmes ne se sont pas effondrées.  Elles se tiennent droites, debout, pleines d’énergie comme si une force se dégageait déjà de l’offrande de Jésus.

Oui, il y a comme une vie nouvelle qui sort de cette mort cruelle et injuste.  Saint Jean, dans ce court évangile nous parle d’une nouvelle naissance.  Dans la Bible, les plus belles naissances s’annoncent toujours dans des situations impossibles.  On peut penser à la naissance de Samuel, à celle de Jean-Baptiste.
Jésus présente à sa mère un nouveau fils : « Femme, voici ton fils » et au nouveau fils, il dit : «  Voici ta mère ».  Et il n’y a pas, dans la Bible, de récit de naissance plus concis ni plus pauvre que ce don miraculeux d’une naissance d’en-haut, par la maternité spirituelle de Marie.

Celui qui rend son Esprit au Père veut que Marie devienne la gardienne de la vie, qu’elle enfante et continue d’enfanter, dans la foi, une lignée innombrable de frères et de sœurs de Jésus qui est la Résurrection, le Chemin, la Vérité et la Vie.

C’est tout ça que nous célébrons ce matin : cette vie donnée dans la souffrance, cette vie transformée dans la souffrance, cette vie qui jaillit de la croix et pourtant toute puissante.

« Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui »

C’est une invitation à prendre Marie chez nous
pour que nous donnions la vie comme elle,
surtout quand nous nous tenons debout au pied de toutes ces croix injustes
et de toutes les mises à mort symboliques ou réelles.

Prenons Marie chez nous et donnons la vie comme elle à notre tour.