Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 mai 2020 – Actes des Apôtres 17,15.22-18.1
Quand saint Pierre ou saint Paul parlait aux Juifs, il soulignait ce que disait l’Écriture, mais lorsque saint Paul s’adresse uniquement aux païens, impossible de faire appel aux Écritures, ils ne connaissent rien de la Bible ou de l’histoire du peuple élu. Nous en avons un bel exemple aujourd’hui.
Saint Paul se trouve tout seul à Athènes, une des plus belles villes du temps. On peut y admirer les beaux bâtiments, les maisons riches, les théâtres et les fontaines et de nombreux temples où on adorait une multitude de divinités. Chaque temple avait son dieu ou sa déesse.
Saint Paul se sert de cette visite pour commencer son discours aux gens réunis autour de lui. En effet, en observant les monuments sacrés, il en trouve un en particulier, un autel portant cette inscription « Au dieu inconnu. » On voit ainsi chez saint Paul un profond souci, celui de rejoindre ses auditeurs tels qu’ils sont.
Autant, jusqu’ici on voyait Paul se faisant « juif avec les juifs », autant on le voit maintenant se faire « grec avec les Grecs ». Autant on l’entendait citer plein de passages de l’Ancien Testament autant maintenant à Athènes, on sent l’adaptation au milieu païen. Ça ne veut pas dire que le message est altéré. Saint Paul ne manque pas, dans son discours, de proclamer la résurrection de Jésus. Aucune équivoque là-dessus.
Saint Paul nous donne toute une leçon missionnaire. D’abord, il fait le tour de la ville, il prend connaissance du milieu où il se trouve. Ensuite, il cherche comment il peut rejoindre les Athéniens à partir de ce qu’ils croient. Puis, il annonce la résurrection de Jésus comme nous le chantons à Pâques. Dieu a ressuscité Jésus pour en faire le Premier-Né d’une multitude de frères et de sœurs.
Ce n’était pas facile à entendre pour les Grecs, mais ce n’est pas un échec total. Une petite communauté commence à naître : « Parmi eux, il y avait Denys, membre de l’Aréopage, et une femme nommée Damaris, ainsi que d’autres avec eux. »
Je pense que saint Paul nous apprend quelque chose de précieux comme évangélisateur, quelque chose qui nous aide à rejoindre le monde dans lequel nous vivons. Ajoutons encore qu’on n’est pas très loin de l’évangile de ce matin où saint Jean nous invite à toujours rester attentifs à l’Esprit si nous voulons connaître Jésus qui nous dit : « L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
Prions pour qu’on sache bien discerner les voies de l’Esprit pour notre Église, pour notre communauté et notre propre cheminement de vie. Que notre célébration nous donne d’être, de plus en plus, unis au Seigneur ressuscité comme des membres vivants et rayonnants de sa beauté, de sa bonté et de son amour.
