Mgr J-C. Dufour – 20 janvier 2021 – Marc3, 1-6

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 20 janvier 2021 – Marc3, 1-6

 

On n’est pas devant une belle petite histoire merveilleuse, aujourd’hui, pas seulement devant un pauvre homme qui a une main atrophiée et que Jésus guérit, c’est beaucoup plus sérieux.

 

Le conflit qui existe entre Jésus et les pharisiens prend beaucoup de place chez saint Marc depuis le premier chapitre. Une première guérison a eu lieu le jour du sabbat ; avec l’appel de Matthieu surgit la question de Jésus qui fait bon accueil aux pécheurs ; et puis il y a les épis que les disciples ramassent le jour du sabbat. La question qui se pose est la suivante : quelle est l’autorité de Jésus et son identité ?

 

Il y a une vraie tragédie dans l’évangile d’aujourd’hui. Il est question de vie et de mort, d’une main paralysée, de cœurs durs, de colère et de haine.   Depuis le début de l’évangile, on voit que Jésus est surveillé ; c’est la même chose aujourd’hui, on veut voir s’il va guérir l’homme afin de pouvoir l’accuser. En plus, ceux qui sont habituellement des ennemis, les pharisiens et les hérodiens, font cause commune contre Jésus.   Et comble de tout, tout cela se passe dans une synagogue, lieu d’écoute de la Parole de Dieu. Là où il devrait y avoir une vie, c’est la violence qui déploie ses cercles meurtriers.

 

Les pharisiens n’aiment pas Jésus qui les bouscule dans leur conception. Il a déjà guéri le jour du sabbat, ils se demandent s’il va encore le faire. On observait Jésus, mais il connaît trop bien les cœurs, il voit leur étroitesse d’esprit. Malgré tout, il n’hésite pas, il guérit ! Plus encore, il enseigne.   Il essaie d’ouvrir leurs cœurs à la compassion, à l’amour des autres, ce qui va bien plus loin que la loi. Malheureusement, il ne réussit pas. Les pharisiens restent sur leur position et se réunissent pour voir comment faire périr Jésus.

 

C’est la loi du monde. Il est facile de se débarrasser de ceux qui nous dérangent, qui ne pensent pas comme nous. Mais Jésus nous invite toujours à aller plus loin. Il nous invite sans cesse à ouvrir notre esprit et notre cœur. C’est vrai que la loi a toute sa place, qu’elle est importante, mais l’amour doit toujours être premier. C’est une route pas mal plus difficile parce qu’en accueillant l’au, il faut savoir renoncer à nos habitudes, à nos acquis.