Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 février 2023 – Marc 9,14-28
« Je crois! Viens au secours de mon manque de foi! »
Il n’y a pas à dire, c’est une prière poignante, une vraie prière de ce pauvre père qui se fait du souci pour son fils.
Aujourd’hui encore, tout tourne autour de la foi dans cet évangile
Au début, le père demande aux disciples de Jésus de guérir son enfant mais ils n’ont pas été capables à cause de leur peu de foi. Ils ne sont pas les seuls puisqu’ils vivent au milieu d’une « génération incroyante », s’écrie Jésus.
À la fin de l’évangile, ce sera la puissance de la foi qui sera exaltée par Jésus.
Mais prenons le temps de regarder la foi du père.
Au début, sa foi s’exprime par une supplication : « Si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous. »
Ce n’est pas une foi totale!
Une foi totale aurait ressemblé à celle du centurion romain qui était venu rencontrer Jésus pour demander la guérison de son serviteur. Il avait dit : « Dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri. » « Si tu peux quelque chose », dit le père.
Est-ce qu’il y a des « si » qui traînent dans notre cœur.
Si le Seigneur a pitié de moi, je vais m’en sortir… si le Seigneur regarde la communauté, nous allons traverser l’épreuve.
Jésus laisse entendre que les « si » ne sont pas nécessaires puisque le Seigneur est en train d’agir, puisque notre communauté est dans sa main, puisque son amour est à l’œuvre.
Ensuite, le père s’écrie : « Je crois! Viens au secours de mon manque de foi! »
Et Jésus vient au secours de son manque de foi en lui rendant son enfant guéri. En le faisant, Jésus nous lance un appel pressant à croire en lui, à croire qu’en lui le Mal est vaincu.
Remarquez bien la scène. Tout le monde disait : « Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. »
Les verbes « relever », « se mettre debout », sont les verbes utilisés pour exprimer la résurrection de Jésus.
Dans cette guérison, Jésus se révèle comme le vainqueur du Mal et de la Mort. L’enfant guéri, c’est le signe de notre humanité pécheresse restaurée par la puissance de la résurrection du Christ.
À la fin de l’évangile, Jésus dit : « Cette espèce-la, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière » parce que la prière nous permet de demeurer en présence de Dieu dans la foi.
Quel contraste entre la faible foi des disciples et celle d’un pauvre père inconnu qui demande la guérison de son fils!
Seigneur Jésus, quel contraste entre notre peu de foi et ton abandon confiant et amoureux pendant les jours de ta Passion.
« Je crois! Viens au secours de mon manque de foi! »
