Mgr J-C Dufour-20 février 2019-Genèse8, 6-13.20-22 

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 20 Février 2019

( Genèse 8, 6-13.20-22 )

 

En commençant à préparer cet homélie, je me suis laissé surprendre par cette phrase de la première lecture : « Il lâcha le corbeau : celui-ci fit des allers et retours .»
Je me rappelais que Noé avait lâché une colombe, mais j’avais complètement oublié le corbeau. Je m’arrête sur ces oiseaux qui souvent, comme les animaux dans la bible, ont une valeur symbolique, symbole de nos attitudes et parfois d’événements importants.

 

« Il lâcha le corbeau : celui-ci fit des allers et retours »
Dans la basilique Saint Marc, à Venise, il y a une mosaïque qui représente l’arche de Noé flottant sur les eaux. Noé apparaît à une fenêtre, une colombe sur le bras alors que le corbeau, de couleur noire, se trouve loin de Noé et se nourrissant d’un animal mort qui flotte sur les eaux. Le corbeau a quitté l’arche, n’y revient pas et passe son temps à tourner en rond. Il est le symbole du pécheur qui s’est éloigné de la Parole de Dieu, qui ne revient pas à Dieu, qui ne se repend pas de ses fautes et qui passe sa vie à tourner en rond.

 

 « Noé lâcha aussi la colombe »
Elle a toujours été un symbole très fort : symbole de beauté et de grâce. Sa blancheur immaculée, la douceur de son roucoulement, sa fidélité dans le couple, sa longue présence au nid font qu’elle est image d’amour et de paix, symbole d’espoir et d’un futur radieux. À cause de sa légèreté, elle représente souvent ce qui est impérissable en nous, tout ce qui est spirituel. Symbole de l’âme renouvelée, elle est, dans notre foi, la figure de l’Esprit saint.

 

Chaque fois qu’il est question dans la bible de communion, d’alliance, d’événements heureux pour l’humanité, ce qui nous intéresse toujours, la colombe est là.
Elle est là pour l’alliance de Dieu avec Noé, pour le début d’une création nouvelle symbolisée par le rameau d’olivier.
Elle est là quand Dieu fait alliance avec Abraham et lui promettant une grande prospérité. (Gn 13,9)
Elle est encore là dans ce chant d’amour qu’est le Cantique des cantiques où la communauté se fait appelée « Ma colombe ». (Ct 5,2)

 

Elle est encore là au moment où Jésus, lors de son baptême, est investi par l’Esprit Saint d’une mission, celle de faire une alliance nouvelle et éternelle dont on fait mémoire dans l’Eucharistie.
Elle est le symbole de l’Esprit saint qui vient sur terre pour renouveler avec vigueur et force les alliances qui étaient défaillantes à cause de nos péchés.
Elle représente encore ceux et celles qui, habités par l’Esprit Saint, reviennent vers Dieu avec la promesse d’une terre nouvelle symbolisée par le rameau d’olivier.
Tout ce que la colombe représente devrait nous intéresser beaucoup.

 

Quand vous regarderez la colombe au-dessus du mur en avant, souvenez-vous que l’Esprit saint est toujours là pour faire alliance, pour une communion de plus en plus grande avec Dieu et entre nous.
Elle pourrait bien vous rappeler ces mots qu’on trouve dans vos constitutions.

« Le Cœur du Christ, Prêtre et Hostie, est le foyer d’amour où les Servantes de Jésus-Marie puisent l’esprit de leur vocation d’adoratrice et réparatrices.

L’Esprit-Saint qui a créé ce chef-d’œuvre, a aussi formé Marie pour en faire la digne Mère et la Servante du Sauveur dans l’Oeuvre de la Rédemption.

 Par l’action de ce même Esprit, les Servantes de Jésus-Marie continuent la mission de Marie auprès de Jésus présent dans l’Eucharistie et dans ses prêtres. »
(Constitution et Normes, Esprit de la congrégation)