Mgr J-C. Dufour – 29 août 2022 – Martyre de saint Jean Baptiste – Marc 6,  17-29

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 29 août 2022 – Martyre de saint Jean Baptiste – Marc 6,  17-29

 

Jean Baptiste! Quel homme! Le plus grand des prophètes!

Alors qu’il n’était même pas capable de parler,  il annonça à sa mère, en tressaillant dans son sein,  que Jésus était là dans le sein de Marie.  Et quand il est né, ce fut toute une joie pour ses parents avancés en âge.  Et quelques jours plus tard, en lui donnant le nom de « Jean »,  la langue de son père se délia.  Et beaucoup plus tard, celle de Jean est devenue la voix forte, celle qui crie dans le désert :  « préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

Jean  pressait ses contemporains à rectifier les sentiers tortueux, à aplanir les collines de l’injustice, à respecter le mariage, à ne pas profaner l’union conjugale.  Hérodiade n’a piu supporter les avertissements de cet homme au regard pénétrant. Il a vu sa tête mise à prix. « Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. »

Hérode n’était pas cruel comme son père, mais il était lâche.  Faible de caractère, dominé par ses convoitises.  « Hérode avait peur de Jean :  il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait;  quand il l’avait entendu, il était très embarrassé;  cependant il l’écoutait avec plaisir»  Mais il n’arrivait pas à mettre sa vie en accord avec la volonté de Dieu.  Et voici qu’arrive un jour propice, pour Satan et les deux femmes dont il va se servir.  Un banquet, la séduction d’une danse, une promesse inconsidérée tenue par amour propre.  Il n’en faut pas davantage pour commettre un crime abominable.

Jean Baptiste n’a pas eu droit à un procès comme Jésus.  Mais comme Jésus, il a donné sa vie pour la justice et la vérité.

Il faut vraiment être transformé en Jésus, être mordus de Jésus pour ne jamais le quitter, pour ne jamais le trahir.  Comme autrefois, aujourd’hui sur notre terre, des hommes et des femmes, des croyants continuent à souffrir pour leur foi, à souffrir à cause de leur adhésion au Christ. Comme on dit dans la prière d’ouverture,  « accorde-nous de savoir, comme lui, lutter avec courage pour confesser ta parole. »

Heureux ceux et celles que Dieu a fait briller aux yeux du monde.  Heureux ceux et celles qui, comme Jean Baptiste, sont le feu, le sel qui permet que toute vie devienne eucharistie.