Mgr J-C. Dufour-2 septembre 2019 – Matthieu 6, 31-34 – Fête du travail

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Septembre 2019 – Fête du travail

( Matthieu 6, 31-34 )

 

Ce n’est pas le choix de messe qui manquait aujourd’hui : temps ordinaire-messe du Saint Esprit ; bienheureux André Grasset, fête du Travail. Vu la construction de votre futur couvent qui est en cours, j’ai choisi la fête du Travail.

 

Le livre de la Genèse qui nous décrit notre condition humaine nous enseigne que le travail est joie et peine. Nous le savons par expérience, parfois notre travail est réconfortant, gratifiant, mais parfois aussi, il nous fait vivre des expériences douloureuses, des déceptions et des échecs.

 

Le travail est joie!
Nous le découvrons d’abord en Dieu lui-même qui a admiré son œuvre. Dans le récit de la création présentée dans le cadre de sept jours, on voit que le créateur, à la fin de chaque journée, déclare ce qu’il avait fait était bon jusqu’à affirmer, après la création de l’homme et de la femme, que c’était très bon. Je comprends, il les avait faits à son image et à sa ressemblance. Ensuite « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde » (genèse 2,15)
C’était déjà une façon de nous faire comprendre que le Seigneur nous appelait à collaborer avec lui, à participer au développement harmonieux de la création, à bien gérer les richesses qu’il nous confiait. C’est toujours vrai !

En préparant mon petit mot, je me suis questionné sur les origines de la fête du Travail pour découvrir qu’au 18e siècle, c’était le nom de plusieurs fêtes, toutes instituées pour célébrer les réalisations des travailleurs. Ils avaient ainsi l’occasion, une fois par année, de pouvoir admirer leurs œuvres parfois étonnantes. Je souhaite que vous soyez fières de votre travail. Je souhaite que tous ceux et celles qui travaillent à la construction de votre couvent puissent être fiers de leur réalisation.

 

Le travail est peine
! Si le travail peut entraîner de la fierté, nous savons aussi qu’il peut entraîner des souffrances et des inquiétudes. Déjà, le créateur disait : « C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie ». (Genèse 3,17) Le livre de la Genèse nous fait comprendre que la joie et la peine font partie de notre condition humaine, et bien sûr de notre travail.
Je sais bien que vous n’êtes pas présentes sur le chantier de construction, mais je suis certain que vous n’êtes pas sans connaître des soucis et des inquiétudes par rapport à votre futur couvent. C’est normal.

 

C’est dans toute cette réalité gratifiante et souffrante que le Seigneur vient nous dire aujourd’hui en nous disant. « Ne vous faites pas tant de souci. »
Ce n’est pas rien, quatre fois en quelques versets. Qu’est-ce que Jésus peut bien vouloir nous dire ? Nous appelle-t-il à vivre dans l’insouciance, à ne pas nous en faire pour notre nourriture et nos vêtements ? Ce n’est pas ce que Jésus veut nous dire ! C’est normal de travailler pour vivre ! C’est normal de s’inquiéter pour les gens qui meurent de faim et de froid. Jésus connaît bien nos inquiétudes, mais il sait qu’elles peuvent nous amener à penser que tout dépend de nous et seulement de nous, nous conduire ainsi à un manque de foi.

 

Alors il prend soin de nous rappeler que Dieu est proche de nous et que s’il voit le moindre cheveu qui tombe de notre tête, combien plus peut-il voir ce dont nous avons besoin : « Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. »
Cette affirmation de Jésus rejoint les demandes que nous allons exprimer dans le Notre Père tantôt : « Donne-nous notre pain de ce jour… pardonne-nous nos offenses… délivre-nous du mal », des paroles qui traduisent notre confiance.

 

Dans la préface tantôt, je vais proclamer : « Dieu éternel et tout-puissant… C’est toi qui as formé l’homme à ton image et lui as soumis l’univers et ses merveilles ; tu lui as confié ta création pour qu’en admirant ton œuvre, il ne cesse de te rendre grâce… »