Mgr J-C. Dufour – 2 novembre 2022 – Tous les fidèles défunts – Jean 14, 1-6

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 novembre 2022 – Tous les fidèles défunts – Jean 14,   1-6  [1]

 

Aujourd’hui, nous voulons faire mémoire de toutes ces personnes que nous avons connues et aimées : notre mère fondatrice, notre père fondateur, nos sœurs qui sont parties, les proches de nos familles. Que sont-ils devenus ?

La commémoration de tous les fidèles défunts.
Avant-hier, il était question des morts avec l’Halloween. Si vous circulez dans les rues, vous pourrez voir sur certains parterres toutes sortes de décoration, des pierres tombales, des squelettes, des fantômes.  C’est une fête du négatif : la peur, la frayeur, la mort anonyme, l’angoisse.
Ça n’a rien à voir avec ce que nous avons célébré hier et ceux dont nous faisons mémoire aujourd’hui.
Ce que nous célébrons, c’est du positif : les saints, la proximité avec les morts de nos familles, la mémoire des autres.
Les saints sont des individus qui, soucieux, de suivre l’Évangile ont aimé les autres, se sont dévoués pour l’humanité souffrante. Ils sont des modèles de vie.

Parfois, dans la bible, surtout chez les pharisiens, nous percevons une tradition selon laquelle une personne qui accepte Dieu et lui demeure fidèle vivra le bonheur; les pécheurs, eux, connaîtront le malheur.
Ce n’était pas l’opinion de Job qui remet cette approche en question. En effet, Job était un grand ami de Dieu; il menait une vie sans reproche. Mais arrive un jour où il vit d’atroces souffrances : il perd tout ce qu’il a, ses enfants ses amis, ses biens matériels.  Son entourage le soupçonne d’être pécheur et hypocrite; pour eux, c’est la raison de son malheur. S’il était fidèle à Dieu, il n’aurait pas connu la tourmente.  Mais devant cette façon de voir les choses, Job s’écrit :
« Je sais, moi, que mon rédempteur des vivants, que, le dernier, il se relèvera de la poussière, et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair, je verrai Dieu. Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux les regardent, il ne sera plus un étranger. »
C’est clair pour Job, tout ne se termine pas sur la terre. Quand nous fermons nos yeux ici-bas, Dieu nous les ouvre de nouveau dans le monde de l’au-delà.
« De ma chair, je verrai Dieu ».
C’est notre foi, une foi qui nous appelle à vivre dans l’espérance. C’est ce que nous croyons pour ceux et celles que nous avons connus, aimés.

Dans la deuxième lecture, Paul exprime la même croyance en la vie dans l’au-delà. À la question des Thessaloniciens qui veulent connaître le sort des baptisés disparus avant la parousie, Paul affirme que ceux qui sont morts dans le Seigneur, Dieu les ressuscitera comme il a ressuscité le Christ et, au dernier jour, il leur permettra de le rejoindre « sur les nuées du ciel » afin de demeurer en lui pour toujours.
« Nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. »
C’est ça vivre éternellement, rester pour toujours avec Dieu. Nous croyons que c’est ce qui est arrivé à ceux et celles que nous avons connus et aimés.

Dans la même ligne, dans l’évangile, le Seigneur rappelle qu’il monte vers le Père pour préparer une place à chacun et à chacune de nous.
« Je vous reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. »
Clairement, ce qu’il nous dit, c’est qu’il aimerait habiter avec nous dans la demeure d’en haut. Il est le chemin qui nous conduit à la vie éternelle. S’ouvrir à lui, c’est choisir cette voie, c’est choisir d’habiter avec lui pour toujours.
Notons bien que cette vie n’est pas seulement pour la fin des temps, elle nous est déjà donnée au baptême et elle est continuellement alimentée par l’écoute de la Parole et par l’eucharistie. Nous croyons que celui qui est le premier ressuscité est monté vers le Père est allé préparer une place à ceux et celles que nous avons connus et aimés.

NOUS LE CROYONS !

 

 

 

 

 

 

[1] Inspiré de Vie Liturgique.