Mgr J-C Dufour-2 Mars 2019-Marc 10, 13-16

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Mars 2019

( Marc 10, 13-16  )

 

Depuis toujours, les êtres humains se questionnent sur ce qu’ils sont vraiment : qu’est-ce que c’est un être humain.
Les bibliothèques du monde regorgent de livres sur l’évolution du l’homme, l’histoire de l’humanité. On ne compte plus les livres de biologies, de médecines, de psychologie, de philosophie et de théologie.

 

Ben Sira le Sage répond brièvement à cette même question dans la première lecture ce matin.
Il nous disait : que Dieu «Il les a fait à son image…, il leur a donné un cœur pour réfléchir, …Il a posé son regard sur leur cœur…il leur a donné en héritage la loi de vie… Il a donné des commandements au sujet du prochain. »
Il faut bien reconnaître que c’est déjà une description qui nous rejoint beaucoup.

 

Mais le sage va encore plus loin en nous faisant remarquer que Dieu est toujours présent dans la vie des humains.
Il nous dit que tout commence par Dieu. « Le Seigneur a créé l’homme en le tirant de la terre »,
que toute la vie de l’homme ou de la femme se déroule sous le regard de Dieu :
« Leurs chemins sont toujours à découvert devant lui, ils n’échappent jamais à ses regards. »
Finalement, même si l’être humain doit retourner à la terre, le sage nous dit que Dieu « a établi avec eux, une Alliance éternelle. »
On a l’impression que le Sage entrevoit déjà l’œuvre que Jésus vient réaliser dans notre monde, que Dieu, en Jésus, vient établir avec nous une Alliance éternelle, une alliance qui ouvre l’éternité à l’être humain.

 

Si le Sage est étonnant dans ses affirmations, Jésus ne l’est pas moins dans l’évangile quand il nous dit que l’être humain le mieux réussi à ses yeux, c’est un enfant, en précisant que « le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent », pas en raison de leur fragilité ou de leur naïveté, mais en raison de leur capacité d’accueil, d’ouverture et de confiance. L’enfant est le beau modèle d’un être humain en bonne relation avec son Dieu.

 

Le psaume que nous venons de prier abonde dans le même sens.
Il est un beau poème sur la fragilité humaine et sur la grandeur de Dieu, « comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint »
En Jésus, nous apprenons à découvrir que nous somme les enfants de Dieu et à connaître l’amour du Père. La prise de conscience de nos limites, de nos faiblesses, de nos bêtises peut nous décourager. Mais lorsque nous nous reconnaissons aimés par le Père sans condition, nous retrouvons l’espoir tout en étant dans un monde souvent orageux.

 

« Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière »,
mais sa tendresse est celle d’un père pour ses fils, son amour est de toujours à toujours, et sa justice pour ceux et celles qui gardent son alliance.

« Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être. » (Ps 102,1)