Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 mai 2021 – 5e dimanche de Pâques – Jean15, 1-8
J’ai appris avec une certaine surprise qu’il y avait 275 vignobles au Québec.
La semaine dernière, comme il faisait froid et qu’il neigeait en certains endroits, certains de ces vignobles étaient en danger de gel, ce qui représentait une perte énorme comme ça a été le cas en France. Alors pendant toute une nuit, les vignerons ont entretenu quantité de feux autour des vignes pour qu’elles soient protégées du gel.
La vigne est une plante merveilleuse, complexe et fragile ; elle demande beaucoup de soins. Elle nécessite de la part des vignerons beaucoup d’amour, d’énergies et d’attention constante. Ils doivent s’activer à la purifier, à la nettoyer, pas pour qu’elle périsse, mais pour qu’elle porte encore plus de vie, plus de fruits.
Le prophète Isaïe mettait cette phrase dans la bouche de notre Dieu :
« Dites-moi, que pouvais-je faire de plus pour ma vigne que je n’ai fait ? » « Que pouvais-je faire de plus ? »
On peut comprendre cette plainte de notre Dieu qui pendant des années donnait beaucoup de soins à sa vigne.
Jésus nous rappelle que le Père est le vigneron et qu’il désire la vie pour sa vigne. Il ne cesse de lui manifester son amour, il désire qu’elle s’attache à lui de tout son cœur, qu’elle produise un fruit de qualité. Il a tout fait pour elle. Pouvait-il faire plus que de nous donner son Fils ; pouvait-il faire plus que de nous offrir son pardon jusqu’à soixante-dix-sept fois sept fois ; pouvait-il faire plus que de nous garantir la fidélité de son amour ; pouvait-il faire plus que de nous promettre la vie éternelle ?
« Dites-moi, que pouvais-je faire de plus pour ma vigne ? »
Écoutons aujourd’hui cette plainte amoureuse de notre Dieu qui, malgré toutes les attentions qu’il multiplie pour son peuple, ne réussit toujours pas assez à le charmer pour qu’il réponde entièrement à son amour.
Comment pouvons-nous répondre à l’amour de notre Dieu ?
Comment produire les fruits qu’il attend de nous ?
Jésus vient de nous le dire dans l’évangile ! Son Père est le vigneron, lui, il est la vigne, et nous, nous sommes les sarments. C’est en étant greffé sur lui comme les sarments sont attachés à la vigne que nous pourrons produire les fruits que le Vigneron attend de nous.
Quels sont ces fruits que le Vigneron attend de nous ?
On peut en avoir une très bonne idée en regardant vivre Jésus, en recevant la vie qui vient de lui. Ces fruits qui découlent de sa vie, on peut les reconnaître : son attitude envers les plus petits, sa bonté envers ceux et celles qui venaient vers lui nous montre le chemin de la charité ; son invitation à bâtir un monde plus juste et plus honnête. Ce sont là quelques-uns des fruits que Dieu aime et qui sont dignes de son éloge.
Je ne suis pas en train de vous dire qu’on ne porte pas de fruits visibles et dignes de mention. Mais, la plainte amoureuse de Dieu vient quand même nous poser de grosses questions.
Qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus pour répondre aux attentes du Vigneron ?
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. »
Nous avons plein d’occasions pour stimuler notre foi et témoigner de notre amour.
Nous avons du temps pour chercher à mieux découvrir ce que le Bon Dieu attend de nous;
nous avons du temps pour faire de nos vies quelque chose de beau.
Après chaque jour de la création, la Parole nous dit : « Dieu vit que c’était bon ! »
Nous avons du temps pour embellir la création au lieu de la saccager et risquer de la détruire.
Nous avons du temps pour aider notre Église à être ce qu’elle doit être aux yeux du monde.
Le temps nous l’avons;
la lumière nous l’avons grâce à l’évangile;
la force nous venons la chercher en communiant au Corps et au Sang du Christ.
