Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 juin 2021 – Marc12, 18-27
Toute une histoire !
Les sadducéens racontent à Jésus l’histoire de cette pauvre femme, obligée par la loi d’épouser l’un après l’autre les six frères de son mari pour lui donner une descendance. Avec lequel des sept va-t-elle vivre en ménage au ciel? Deux maris auraient bien suffi pour poser la même question. Mais, poussant le ridicule jusqu’au bout, ils laissent entendre qu’il y aura six pauvres maris frustrés de ne pouvoir vivre en couple au ciel. Faux vraiment pas croire à la résurrection.
Il faut remarquer la réponse de Jésus : «N’êtes-vous en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? »
Décidément, Jésus se montre très habile. Les sadducéens ne croyaient qu’aux cinq premiers livres de la bible. Aussi Jésus part de là, en les ramenant à l’épisode du buisson ardent qui faisait partie de leur foi et attire leur attention sur ce que Dieu dit de lui-même : « Moi, je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob ». S’il est le Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob, ça veut dire qu’ils sont toujours vivants, qu’ils sont passés à une autre vie. « Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. »
Encore une fois, Jésus nous rappelle que notre Dieu est un Dieu qui fait vivre, qu’il ne cesse de nous appeler à la vie au cœur même de nos difficultés, de toutes ces choses qui nous tuent, pour nous rejoindre et nous sauver.
Le rencontrer, c’est déjà entrer dans la vie. En plus, Jésus nous permet de comprendre que la résurrection, ce n’est pas une idée pour nous expliquer ce qu’il y a dans l’au-delà, mais un don de Dieu à ceux et celles qui veulent vivre de la vie de Dieu en ce monde et à jamais.
On ne peut pas dire que l’évangile nous éclaire beaucoup sur ce que nous serons dans la résurrection. Jésus nous dit seulement :
« Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans les cieux. »
En d’autres mots, la vie des ressuscités n’a aucune mesure avec celle que nous connaissons sur la terre. Nous serons des créatures nouvelles, des hommes et des femmes dans une terre nouvelle.
Saint Paul disait : « Ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé. » (1 Corinthiens 2,9).
